"Je ne m'y opposerai pas": le ministre de l'Économie Roland Lescure n'est pas contre taxer Totalenergies

Fiscalité : Roland Lescure n’exclut pas une surtaxe sur TotalEnergies Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’agiter les marchés pétro
Fiscalité : Roland Lescure n’exclut pas une surtaxe sur TotalEnergies
Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’agiter les marchés pétroliers, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a adopté une position nuancée sur le dossier sensible des superprofits des majors du secteur. Invité de BFM TV ce mercredi, il a indiqué ne pas s’opposer à une éventuelle surtaxation de TotalEnergies, tout en relativisant l’efficacité d’une telle mesure.
« Je ne m’y opposerai pas »
Interrogé sur la possibilité de ponctionner davantage les bénéfices de la compagnie française, Roland Lescure a répondu sans détour : « Je ne m’y opposerai pas. Mais ce n’est pas une solution miracle. » Une déclaration qui marque une inflexion dans le discours du gouvernement, jusqu’ici réticent à évoquer un nouveau prélèvement exceptionnel sur les énergéticiens.
Le ministre a toutefois tenu à saluer l’initiative de TotalEnergies, qui a annoncé prolonger le plafonnement de ses prix à la pompe. « Total va gagner de l’argent, c’est indéniable. Qu’il redonne une partie de cet argent via un plafonnement des marges, c’est bienvenu, ils font leur part du boulot », a-t-il estimé. Une manière de reconnaître l’effort consenti par l’entreprise sans fermer la porte à une action fiscale plus contraignante.
Une France « qui résiste mieux »
Dans le même entretien, Roland Lescure a cherché à rassurer sur la capacité de l’économie française à absorber le choc lié à la flambée des prix du pétrole. « La France résiste mieux que ses voisins », a-t-il affirmé, sans fournir de chiffres précis à l’appui. Cette déclaration intervient alors que plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et l’Italie, ont déjà mis en place des taxes sur les profits exceptionnels des compagnies pétrolières, rapportent plusieurs sources concordantes.
Le ministre a également rappelé que le gouvernement disposait déjà d’outils pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment via le bouclier tarifaire et les aides ciblées. « Nous avons agi dès le début de la crise, et nous continuerons à le faire si nécessaire », a-t-il ajouté.
Un débat qui n’est pas clos
La sortie de Roland Lescure relance le débat sur la fiscalité des géants de l’énergie, alors que les résultats semestriels de TotalEnergies, attendus dans les prochaines semaines, devraient faire état de bénéfices confortables, selon les analystes consultés par Reuters. En 2022, le groupe avait déjà réalisé un bénéfice net record de 20,5 milliards de dollars, suscitant des appels répétés de la part de plusieurs partis politiques, dont La France insoumise et les écologistes, à instaurer une taxe sur les superprofits.
Le ministre, tout en restant prudent, semble donc ouvrir une porte. « Ce n’est pas la panacée, mais si cela peut contribuer à l’effort collectif, pourquoi pas », a-t-il conclu. De quoi alimenter les spéculations sur une éventuelle mesure fiscale dans le prochain projet de loi de finances.
Une position sous surveillance
Reste à savoir si cette déclaration traduit une évolution de la doctrine gouvernementale ou une simple réponse de circonstance. Contacté par Onyx Infos, le cabinet de Roland Lescure n’a pas souhaité apporter de précisions supplémentaires. Du côté de TotalEnergies, aucune réaction officielle n’a été communiquée à ce stade.
Alors que la crise au Moyen-Orient continue de peser sur les cours du brut, le gouvernement semble vouloir garder tous les leviers ouverts, y compris celui d’une taxation ciblée. Les prochains mois diront si cette piste se concrétise ou reste une option théorique.