Onyx Infos

«Je ne m’interdis rien» : ouvert à la discussion, le RN souffle le chaud et le froid sur la possibilité de voter une censure

Une · · Par Claire BERNARD

«Je ne m’interdis rien» : ouvert à la discussion, le RN souffle le chaud et le froid sur la possibilité de voter une censure

## Le RN face à la censure : une stratégie entre ouverture et prudence À l'approche de l'examen du budget et de l'élection présidentielle, le Rassemblement nati

## Le RN face à la censure : une stratégie entre ouverture et prudence À l'approche de l'examen du budget et de l'élection présidentielle, le Rassemblement national entretient une position ambivalente sur une éventuelle motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Selon un décryptage publié par Le Figaro le 17 septembre 2026, les troupes de Marine Le Pen laissent entendre qu'elles pourraient ne pas renverser l'exécutif si celui-ci prenait en compte leurs demandes budgétaires, tout en maintenant une menace explicite. ## Un précédent qui pèse sur les négociations Le souvenir de décembre 2024 reste vivace dans les rangs politiques. À l'époque, Michel Barnier, alors Premier ministre, pensait bénéficier d'une relative bienveillance du Rassemblement national après des semaines de discussions avec les cadres du parti. Selon les informations rapportées par Le Figaro, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient multiplié les signes d'ouverture, se montrant accessibles à la négociation et laissant entendre qu'ils ne censureraient pas le gouvernement si celui-ci cédait à certaines de leurs exigences. Le gouvernement avait finalement été renversé, son budget rejeté, et le locataire de Matignon censuré sans ménagement. Cet épisode nourrit aujourd'hui une méfiance réciproque entre l'exécutif et le parti à la flamme. ## Une posture stratégique à double tranchant La formule « je ne m'interdis rien », attribuée à l'entourage de Marine Le Pen, résume cette ambiguïté calculée. D'un côté, le RN se positionne comme une force de responsabilité, capable de peser dans le débat budgétaire sans provoquer une crise institutionnelle. De l'autre, il conserve la possibilité de voter une censure, ce qui lui confère un levier de négociation considérable. Cette stratégie du chaud et du froid pourrait toutefois se retourner contre le parti, en donnant l'image d'une formation peu lisible sur ses intentions réelles. D'autant plus que l'échéance présidentielle approche, et que chaque positionnement sera scruté par l'électorat. ## Un rapport de force sous tension La discussion budgétaire constitue un moment charnière pour le gouvernement Lecornu, qui doit composer avec une Assemblée nationale fragmentée. Le Rassemblement national, fort de son groupe parlementaire, entend monnayer son soutien ou son abstention contre des concessions budgétaires. Selon des sources parlementaires citées par Le Figaro, les échanges se poursuivent, mais aucun engagement ferme n'a été formalisé à ce stade. Cette incertitude pèse sur la stabilité de l'exécutif, qui pourrait se retrouver exposé à une censure surprise, à l'image de ce qu'a connu Michel Barnier. ## Une équation politique à plusieurs inconnues Au-delà des considérations budgétaires, cette séquence illustre la recomposition du paysage politique français. Le Rassemblement national cherche à se poser en acteur incontournable, capable de faire et défaire les gouvernements, sans pour autant endosser la responsabilité d'une crise. Cette position pourrait évoluer en fonction des sondages et du calendrier électoral. Toutefois, la répétition des signaux contradictoires risque d'user la crédibilité de la formation auprès de ses partenaires comme de ses électeurs. L'issue des discussions budgétaires devrait fournir un premier indicateur de la solidité de cette stratégie.