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"Je lance un appel aux patrons: investissez dans notre jeunesse!": la ministre de la Formation professionnelle appelle les entreprises à embaucher des apprentis et affirme que "le chômage des jeunes n'est pas une fatalité"

Economie · · Par Julie MOREAU

# Apprentissage : la ministre lance un appel aux patrons pour "investir dans la jeunesse" Dans un entretien accordé au Parisien, la ministre déléguée chargée de

# Apprentissage : la ministre lance un appel aux patrons pour "investir dans la jeunesse" Dans un entretien accordé au Parisien, la ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle, Sabrina Agresti-Roubache, a lancé dimanche un appel direct aux chefs d'entreprise : embaucher des jeunes en apprentissage. Elle affirme que les crédits dédiés à ces contrats ont été "sanctuarisés", alors que le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a atteint 21,6% au deuxième trimestre, selon l'Insee. ## Un appel face à des milliers de jeunes sans entreprise "Actuellement, il y a des milliers de jeunes qui ont trouvé leurs formations mais pas leurs entreprises. Je lance donc un appel aux patrons : investissez dans notre jeunesse !", déclare la ministre dans les colonnes du quotidien. Consciente des réticences économiques du monde patronal, elle tente de rassurer : "Je sais leurs angoisses économiques, mais qu'ils soient rassurés : les crédits de l'apprentissage ont été sanctuarisés. Ça leur garantit stabilité et visibilité." Cette prise de parole intervient dans un contexte économique tendu, marqué par une hausse continue du chômage des jeunes. Selon les données publiées par l'Insee, le taux de chômage des 15-24 ans a progressé de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, un signal préoccupant pour l'insertion professionnelle des nouvelles générations. ## Une réduction des aides assumée, mais encadrée La ministre reconnaît une baisse des aides publiques destinées aux entreprises qui embauchent des apprentis, modulée selon le niveau de diplôme et la taille de la société. Elle précise toutefois que cette diminution "n'a concerné que les grandes entreprises qui bénéficient désormais d'une enveloppe de 2.000 euros au lieu de 5.000". Pour les plus petites structures, aucun changement majeur n'est à prévoir : "Les plus petites entreprises ont été épargnées, et il n'y aura pas de coupe supplémentaire", promet-elle. Sabrina Agresti-Roubache assume néanmoins cette orientation, estimant que "l'aide sous perfusion permanente ne peut pas continuer". Une position qui traduit la volonté du gouvernement de responsabiliser davantage les grandes entreprises tout en préservant les capacités d'embauche des PME et TPE, principaux pourvoyeurs de contrats d'apprentissage. ## Des mesures d'accompagnement pour lever les freins Au-delà de l'appel aux patrons, le gouvernement prévoit des dispositifs complémentaires pour faciliter l'accès à l'apprentissage, notamment dans les zones rurales. Parmi les mesures annoncées figure le lancement d'un "leasing social" permettant aux apprentis en ruralité de bénéficier de voitures sans permis, ainsi que l'ouverture de places supplémentaires en internat. Ces initiatives visent à répondre aux difficultés de mobilité et de logement qui constituent des freins majeurs à la signature de contrats d'apprentissage. "Le chômage des jeunes n'est pas une fatalité", estime la ministre, qui entend faire de l'apprentissage un levier central de la politique d'insertion professionnelle. Reste à savoir si les entreprises répondront présentes à cet appel, alors que le contexte économique incite à la prudence. La sanctuarisation des crédits annoncée pourrait toutefois constituer un argument décisif pour convaincre les employeurs hésitants.