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"J'y vois une solution de dernier recours": le chancelier allemand ne bloquera pas la reprise de certaines usines automobiles par des industriels chinois

Economie · · Par Julie MOREAU

# L’Allemagne ouvre la porte aux investisseurs chinois pour sauver ses usines automobiles Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré ce mercredi 15 juillet

# L’Allemagne ouvre la porte aux investisseurs chinois pour sauver ses usines automobiles Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré ce mercredi 15 juillet qu’il ne s’opposerait pas à ce que des constructeurs chinois reprennent des sites industriels automobiles allemands, en particulier ceux du groupe Volkswagen, confronté à une crise sans précédent. Interrogé lors d’une conférence de presse à Berlin, le dirigeant conservateur a estimé que la décision relevait des entreprises, tout en qualifiant ces reprises potentielles de « solution de dernier recours ». Cette position intervient alors que l’industrie automobile allemande traverse une phase historique de restructuration, marquée par des suppressions d’emplois massives et une perte de compétitivité face à la concurrence chinoise. ## Une crise profonde chez Volkswagen et dans tout le secteur Le groupe Volkswagen, premier constructeur européen, a récemment ouvert la voie à 50.000 suppressions d’emplois supplémentaires, portant le total à 100.000 postes menacés. Dans une note interne, son patron Oliver Blume a évoqué des « solutions intelligentes » pour éviter la fermeture d’usines, tout en reconnaissant que l’avenir de quatre sites ne pouvait être garanti. Le secteur automobile allemand subit de plein fouet une conjonction de facteurs défavorables : prix de l’énergie élevés, droits de douane américains, manque d’innovation et compétition chinoise féroce, notamment sur le segment des véhicules électriques. La demande pour les véhicules allemands recule, et les usines ne tournent plus qu’à un régime réduit. ## Merz critique la politique monétaire de Pékin Au-delà de son ouverture prudente aux investissements chinois, Friedrich Merz a vivement critiqué la politique monétaire de Pékin, accusant la Chine de doper déloyalement ses exportations au détriment de l’Allemagne et de l’Europe. « D’un point de vue européen, nous ne pouvons pas accepter durablement de nous engager dans une concurrence où nous avons en face une monnaie », a-t-il déclaré, sans préciser les mesures qu’il attend de Bruxelles. Cette position reflète un double discours : d’un côté, la nécessité de sauver des sites industriels par des capitaux étrangers ; de l’autre, la crainte d’une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine. ## Une solution de dernier recours, pas une stratégie Le chancelier a insisté sur le caractère exceptionnel de ces reprises potentielles. « J’y vois une solution de dernier recours, et non une réponse aux problèmes structurels », a-t-il précisé. En laissant aux entreprises la liberté de décider, Merz cherche à éviter une intervention politique directe dans un dossier sensible, tout en envoyant un signal aux investisseurs chinois. Reste à savoir si cette ouverture suffira à enrayer le déclin de l’industrie automobile allemande, ou si elle ne fera qu’accélérer sa dépendance aux capitaux étrangers.