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"J’aimerais encadrer les loyers des commerces" : après les logements, le maire de Montpellier fait une proposition choc pour lutter contre la spéculation

Une · · Par Claire BERNARD

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a formulé une proposition visant à encadrer les loyers des commerces, une mesure qu'il présente comme un outil de lu

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a formulé une proposition visant à encadrer les loyers des commerces, une mesure qu'il présente comme un outil de lutte contre la spéculation immobilière et de soutien au commerce de proximité. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cette initiative ferait suite à des démarches similaires déjà engagées dans le secteur du logement, où un encadrement des loyers a été mis en place. Le contexte économique, marqué par la concurrence du commerce en ligne et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, servirait de toile de fond à cette annonce. ### Une extension du dispositif de régulation au secteur commercial D'après les éléments publiés par Midi Libre, Michaël Delafosse souhaiterait appliquer au domaine des baux commerciaux un mécanisme comparable à celui instauré pour les habitations. Un projet de loi aurait d'ailleurs été évoqué pour donner une base légale à cette régulation, bien que les contours précis de ce texte n'aient pas encore été officiellement détaillés. Cette déclaration s'inscrirait dans une stratégie plus large de la municipalité visant à préserver la diversité des enseignes en centre-ville, face à la vacance croissante de certains locaux. La mesure concernerait potentiellement les artères les plus fréquentées de la ville, où les loyers pratiqués pourraient atteindre des niveaux dissuasifs pour les indépendants. Les données locales indiqueraient une pression foncière particulièrement forte sur certains axes, avec des valeurs locatives qui auraient augmenté de manière significative sur la dernière décennie. Les associations de commerçants, consultées dans le cadre de précédentes concertations, auraient fait remonter des difficultés d’installation et de maintien dans ces zones tendues. ### Des précédents juridiques et des marges de manœuvre limitées La faisabilité juridique d’un tel encadrement soulèverait toutefois des questions, les baux commerciaux relevant traditionnellement du droit privé et de la liberté contractuelle. Plusieurs tentatives de régulation au niveau national auraient buté sur des obstacles constitutionnels ou sur l’opposition des représentants des bailleurs. Cependant, des expérimentations locales, notamment dans certaines métropoles, auraient ouvert des brèches juridiques permettant d’envisager des plafonnements sous conditions, comme des dispositifs d’aide à la revitalisation des centres-villes. Par ailleurs, la position de Montpellier pourrait s’appuyer sur des précédents européens, certaines villes ayant adopté des mesures de contrôle des loyers commerciaux avec des résultats contrastés. Les études disponibles sur ces dispositifs feraient état d’effets variables, certains observateurs notant une stabilisation des activités de proximité, tandis que d’autres relèveraient un risque de diminution de l’offre locative. Le débat reste donc ouvert sur l’efficacité réelle de tels outils face à la dynamique spéculative. ### Des réactions politiques et économiques attendues Cette annonce intervient dans un climat politique local déjà marqué par des débats sur la politique du logement menée par la municipalité. Les réactions des organisations professionnelles du secteur immobilier commercial ne se seraient pas fait attendre, certains représentants exprimant des réserves sur une mesure qui pourrait, selon eux, freiner l’investissement dans le parc locatif commercial. À l’inverse, des élus de l’opposition locale auraient salué l’initiative, y voyant une réponse concrète aux difficultés des petits commerces. Les services municipaux seraient actuellement chargés d’étudier les modalités techniques d’application, notamment la définition des zones concernées et les critères de fixation des loyers plafonds. Une concertation avec les acteurs économiques locaux serait également programmée dans les prochaines semaines. La question de l’articulation avec les dispositifs nationaux existants, comme le plafonnement des loyers dans les petites villes, demeure en suspens. L’issue de ce processus pourrait influencer d’autres métropoles confrontées aux mêmes problématiques de désertification commerciale de leurs centres.