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"J'ai des projets pour la croissance, je peux "alimenter" les candidats" à la présidentielle, assure Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc

Economie · · Par Julie MOREAU

## Michel-Édouard Leclerc se positionne comme force de proposition pour la présidentielle Le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Édoua

## Michel-Édouard Leclerc se positionne comme force de proposition pour la présidentielle Le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, a affirmé disposer de « projets pour la croissance » qu'il se dit prêt à mettre à disposition des candidats à l'élection présidentielle, rapporte BFM Business. Une déclaration qui place le patron du distributeur au cœur du débat économique national, à un moment où le pouvoir d'achat et l'inflation dominent les préoccupations des ménages français. ## Un discours ancré dans les préoccupations des consommateurs Cette prise de position intervient dans un contexte économique tendu. Selon Michel-Édouard Leclerc, l'inflation devrait atteindre « 4% à la fin de l'année », un niveau qui pèse directement sur le budget des Français. Le dirigeant, dont l'enseigne revendique une politique de prix agressive, estime par ailleurs que la politique gouvernementale d'aide aux « gros rouleurs » en matière de carburants « fait sens ». Il a également assuré qu'il baisserait les prix à la pompe en fonction de l'évolution du prix du baril de Brent, évoquant des « effets positifs » liés à la libération de barils de pétrole sur les prix des carburants. Sur le volet social, Michel-Édouard Leclerc a jugé qu'un gel total ou partiel des pensions dans le budget 2027 n'était « pas audible » pour l'opinion publique. Une manière de marquer sa distance avec certaines pistes d'économies budgétaires envisagées, tout en restant dans son registre habituel de défense du pouvoir d'achat. ## Une posture de contre-pouvoir économique En proposant d'« alimenter » les candidats, Michel-Édouard Leclerc endosse un rôle inhabituel pour un dirigeant de la grande distribution. Il ne s'agit pas d'un ralliement politique explicite, mais d'une offre de contribution programmatique sur les questions de croissance et de consommation. Le patron des centres E.Leclerc s'inscrit ainsi dans une tradition française où certains grands patrons cherchent à peser sur le débat public, à l'image d'un mouvement des entreprises de taille intermédiaire ou de think tanks économiques. Cette démarche pourrait toutefois susciter des interrogations sur la frontière entre expertise économique et influence politique. La grande distribution, secteur hautement réglementé et dépendant des arbitrages publics, a un intérêt direct à ce que ses positions soient entendues lors de la campagne. ## Des sujets multiples au menu des candidats Les thèmes évoqués par Michel-Édouard Leclerc dessinent les contours d'un agenda économique pour la présidentielle : inflation, pouvoir d'achat, fiscalité énergétique, politique de soutien aux ménages. Autant de dossiers sur lesquels les candidats devront se positionner et où le distributeur entend faire valoir son expérience de terrain. Le dirigeant a par ailleurs balayé certaines propositions jugées irréalistes, comme la nationalisation de TotalEnergies, à laquelle il a déclaré ne « pas croire ». Une prise de distance qui traduit sa vision libérale de l'économie, mais aussi sa connaissance des contraintes du secteur énergétique. ## Un enjeu de crédibilité pour les candidats Reste à savoir quel écho ces propositions rencontreront. Si Michel-Édouard Leclerc se défend de toute ambition politique personnelle, son offre de contribution place les candidats face à un choix : s'appuyer sur l'expertise d'un acteur économique majeur ou marquer leur indépendance vis-à-vis des intérêts privés. Dans une campagne où la défiance envers les élites économiques reste forte, l'exercice d'équilibre s'annonce délicat pour l'ensemble des prétendants à l'Élysée.