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"J'ai perdu 75% de mes pourboires": malgré ses cadeaux fiscaux, Donald Trump ne fait pas recette à Las Vegas, où des électeurs républicains songent à voter démocrate en novembre

Economie · · Par Julie MOREAU

La détaxation fédérale des pourboires, mesure phare de la politique économique de Donald Trump, peine à convaincre sur le terrain. À Las Vegas, où le déclin du

La détaxation fédérale des pourboires, mesure phare de la politique économique de Donald Trump, peine à convaincre sur le terrain. À Las Vegas, où le déclin du tourisme frappe durement les travailleurs de la restauration, plusieurs électeurs républicains, pourtant acquis à la cause du président, envisagent désormais de voter démocrate lors des élections de mi-mandat en novembre. La promesse d’un allègement fiscal ne compense pas, selon eux, la chute brutale de leurs revenus. ### Un bénéfice fiscal jugé insuffisant face à la chute des revenus Aaron Mahan, restaurateur à Las Vegas depuis plus de trois décennies, incarne ce désenchantement. Ex-partisan de Donald Trump, il a certes constaté un léger mieux lors de sa dernière déclaration fiscale grâce à la détaxation des pourboires. Mais ce gain s’avère dérisoire au regard de ses pertes mensuelles. Depuis un an, il affirme gagner entre 2 000 et 3 000 dollars de moins chaque mois, une hémorragie directement liée à la baisse de fréquentation touristique. « Cela ne compense pas ce que j’ai perdu », explique-t-il, mesurant l’écart entre la promesse politique et la réalité économique. ### Le « marasme Trump » pèse sur l’activité touristique locale Le déclin est spectaculaire. En 2025, Las Vegas a enregistré une chute de 7,5 % de son nombre de visiteurs, une première hors pandémie depuis 1970, selon la Las Vegas Convention and Visitors Authority. Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection. L’agressivité diplomatique de Donald Trump à l’égard des alliés internationaux a refroidi les ardeurs des touristes canadiens, qui boycottent les États-Unis en réaction aux droits de douane massifs imposés par le président. Parallèlement, les ménages américains réduisent leurs dépenses de loisirs, pénalisés par la flambée des prix de l’essence, elle-même provoquée par le conflit avec l’Iran. Aaron Mahan résume cette situation par une expression : le « Trump slump », ou « marasme Trump ». ### Des conséquences concrètes sur l’emploi et les conditions de travail Les effets se font sentir jusque dans l’organisation des établissements. Le restaurant du casino où travaille Aaron Mahan, qui fonctionnait 24 heures sur 24, a dû licencier une vingtaine d’employés. Il s’est reconverti en buffet ouvert uniquement le matin, une décision qui a bouleversé le quotidien du personnel. Désormais derrière un comptoir plutôt qu’au service à table, Aaron Mahan subit une baisse significative de la générosité des clients. Il évalue sa perte de pourboires à 75 %, un chiffre qui illustre l’ampleur du désarroi dans un secteur où cette part du revenu est essentielle. ### Un électorat républicain en pleine recomposition Ce mécontentement pourrait avoir des répercussions politiques. À l’approche des élections de mi-mandat, des électeurs républicains, traditionnellement fidèles au président, se disent prêts à changer de camp. La mesure fiscale, pensée comme un cadeau aux travailleurs, apparaît aujourd’hui comme une réponse inadaptée à une crise économique profonde. Le décalage entre les annonces de la Maison-Blanche et la réalité vécue par les travailleurs de Las Vegas pourrait ainsi peser sur le scrutin de novembre, dans un État clé où chaque voix comptera.