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"J'ai passé des nuits blanches à y réfléchir": le président sud-coréen reconnaît que les négociations commerciales avec les États-Unis sont toujours difficiles alors que Séoul s'est engagé à y investir 350 milliards de dollars

Economie · · Par Julie MOREAU

## Un accord à 350 milliards de dollars qui patine C'est un aveu rare dans la bouche d'un chef d'État. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a reconnu, vendredi

## Un accord à 350 milliards de dollars qui patine C'est un aveu rare dans la bouche d'un chef d'État. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a reconnu, vendredi devant la presse, avoir « passé des nuits blanches » à réfléchir aux négociations commerciales en cours avec les États-Unis. Une déclaration rapportée par Bloomberg et relayée par BFM Business, qui illustre la difficulté persistante d'un dossier pourtant scellé sur le principe depuis juillet 2025. ## Un accord de principe, des modalités en suspens L'architecture de l'accord semblait pourtant simple. En juillet 2025, Donald Trump annonçait avoir accepté de ramener à 15 % les droits de douane frappant les produits sud-coréens. En contrepartie, Séoul s'engageait à investir 350 milliards de dollars sur le sol américain, sous forme de prêts ou de prises de participation. Plus d'un an plus tard, les modalités précises de ces engagements restent en négociation. C'est précisément ce décalage entre l'annonce politique et sa traduction opérationnelle qui alimente les insomnies du président sud-coréen, lequel a qualifié le sujet d'« extrêmement important ». ## Le spectre de la crise de 1997 Les réserves exprimées par Séoul ne datent pas d'hier. Quelques semaines seulement après la signature de l'accord, Lee Jae Myung avait averti que de tels engagements, s'ils étaient lancés aveuglément, pourraient faire basculer la Corée du Sud dans une situation comparable à celle de la crise financière de 1997. Le directeur de la sécurité nationale du pays avait renchéri, assurant que Séoul n'était pas « en mesure » de payer les 350 milliards de dollars en une seule fois. « Notre position n'est pas une tactique de négociation. Objectivement et de manière réaliste, ce n'est pas un niveau que nous sommes en mesure de gérer », avait-il déclaré. Le montant en jeu représente en effet une fraction considérable des réserves de change sud-coréennes. ## Une relation sous tension chronique La séquence diplomatique n'a rien apaisé. Lors d'une visite en Corée du Sud fin octobre 2025, Donald Trump avait assuré que la conclusion d'un accord commercial définitif était « très proche ». Trois mois plus tard, en janvier, le président américain menaçait à nouveau son partenaire — accusé de tarder à honorer ses promesses — de nouveaux droits de douane. Ce va-et-vient illustre la volatilité d'une relation commerciale où l'engagement financier de 350 milliards de dollars sert à la fois de monnaie d'échange et de point de friction. ## Un enjeu budgétaire et diplomatique majeur Pour Séoul, l'équation est délicate. Il s'agit de préserver l'accès au marché américain, essentiel pour des exportations sud-coréennes déjà éprouvées par la concurrence chinoise, sans fragiliser ses équilibres financiers. Le Fonds monétaire international a d'ailleurs régulièrement rappelé que des sorties de capitaux massives pouvaient exposer les économies émergentes à des tensions de change sévères. La question des garanties, du calendrier de décaissement et de la nature exacte des investissements — prêts ou participations — reste donc au cœur des discussions. ## Vers un dénouement toujours repoussé L'issue demeure incertaine. Washington veut des engagements fermes et rapides ; Séoul plaide pour un étalement compatible avec sa stabilité financière. Entre les deux, le président sud-coréen continue de veiller. La concrétisation de cet accord, présenté comme historique, dépendra moins de la volonté politique affichée que de la capacité des deux administrations à s'entendre sur des chiffres et un calendrier. Un an après, le dossier reste ouvert.