"J'ai 72 ans, je n'ai jamais arrêté de travailler": pour le départ en retraite, Dominique de Villepin veut sortir de l'âge pivot et mieux prendre en compte l'espérance de vie et les conditions de travail

Retraites : Dominique de Villepin prône la fin de l'âge pivot et une réforme fondée sur l’espérance de vie et la pénibilité L’ancien Premier ministre et candida
Retraites : Dominique de Villepin prône la fin de l'âge pivot et une réforme fondée sur l’espérance de vie et la pénibilité
L’ancien Premier ministre et candidat probable à l’élection présidentielle a estimé, ce dimanche 30 août sur BFM Politique, que la fixation d’un âge légal de départ à la retraite par décret constituerait une erreur politique majeure. Selon Dominique de Villepin, la réforme du système doit s’appuyer sur des critères démographiques et individuels, plutôt que sur un seuil uniforme imposé « d’autorité ».
Une critique ouverte de la méthode gouvernementale
Interrogé sur la nécessité de travailler plus longtemps, Dominique de Villepin a répondu par une double lecture : oui, pour ceux dont l’espérance de vie est élevée ; non, pour ceux dont les conditions de travail dégradent prématurément la santé. « Tirons les leçons », a-t-il lancé, avant de suggérer de « remettre les partenaires sociaux en responsabilité ». Il a explicitement mis en garde contre toute décision unilatérale : « Si je vous dis aujourd’hui, d’autorité, je vais fixer l’âge de la retraite à 64, ou 65 ans, d’emblée, je fais exactement ce qu’il ne faut pas faire ». Une allusion directe aux récentes mesures adoptées par décret par le gouvernement en matière de santé, qu’il a taclées au passage.
L’espérance de vie comme boussole individuelle
Pour financer le système sans âge légal, l’ancien chef du gouvernement propose de substituer à la logique du seuil unique une approche intégrant « la démographie » et « les inégalités de situation devant la pénibilité des emplois ». Il s’est appuyé sur son propre exemple : « Regardez, j’ai 72 ans, je n’ai jamais arrêté de travailler. Pourquoi ? Parce que l’espérance de vie qui est la mienne compte tenu de la vie qui a été la mienne, me permet d’espérer vivre plus longtemps ». Selon lui, l’allongement de la durée de vie pourrait donc justifier un départ plus tardif pour les personnes en bonne santé.
La pénibilité, critère central d’un départ anticipé
À l’inverse, Dominique de Villepin a souligné que la nature des métiers doit conditionner l’âge effectif de cessation d’activité. « Si j’avais transporté des sacs, ou travaillé dans une usine aux trois-huit, il est bien évidemment que la santé qu’est la mienne ne serait pas la même et j’aspirerais à faire autre chose », a-t-il expliqué. Une position qui rejoint des propositions antérieures de l’ancien Premier ministre, qui se présente comme l’un des premiers à avoir défendu cette approche différenciée.
Un débat relancé à l’approche de la présidentielle
Ces déclarations interviennent dans un contexte de vive controverse sur le financement des retraites et alors que les partenaires sociaux réclament une concertation approfondie. En écartant tout âge pivot fixé par décret, Dominique de Villepin cherche à se démarquer d’une gestion jugée trop verticale. Reste à savoir si cette proposition, fondée sur une évaluation individuelle de l’espérance de vie et des conditions de travail, pourra être traduite en mécanismes opérationnels acceptables par les différents acteurs du système. Le débat s’annonce en tout cas déterminant dans la campagne à venir.