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«Iran – Plaidoyer pour la justice»: documenter les massacres pour juger les crimes

Monde · · Par Claire BERNARD

«Iran – Plaidoyer pour la justice»: documenter les massacres pour juger les crimes

Iran – Plaidoyer pour la justice : les preuves des crimes contre le peuple iranien réunies pour un futur procès Présenté en avant-première le jeudi 16 juillet à

Iran – Plaidoyer pour la justice : les preuves des crimes contre le peuple iranien réunies pour un futur procès

Présenté en avant-première le jeudi 16 juillet à la Maison du barreau de Paris, le documentaire Iran – Plaidoyer pour la justice marque une première dans l’approche juridique des violences commises par le régime iranien. Ce film, qui compile des preuves recueillies sur le terrain, ne se contente pas de témoigner : il ambitionne de constituer un dossier solide pour que les responsables des massacres perpétrés lors des manifestations de janvier 2020 soient traduits en justice. Initié par l’association Norouz, il a été réalisé par les journalistes Rudy Saada et Maxime Perez, à partir d’images et de témoignages collectés sur place.

Un angle juridique inédit pour documenter les violences d’État

Selon les informations rapportées par RFI, le documentaire Iran – Plaidoyer pour la justice se distingue des productions précédentes par son parti pris résolument judiciaire. Il ne s’agit pas d’un simple récit des événements, mais d’une véritable enquête visant à établir la chaîne de commandement et la responsabilité pénale des hauts responsables iraniens. Les réalisateurs Rudy Saada et Maxime Perez ont travaillé à partir de preuves matérielles – vidéos, photographies, documents officiels – collectées directement en Iran, souvent au péril de leur vie. Le film s’inscrit dans une stratégie plus large de l’association Norouz, qui milite pour la création d’un tribunal international ad hoc ou la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) pour juger les crimes contre l’humanité commis par le régime.

Hilda Dehghani-Schmit : « Nous voulons que la justice soit rendue pour les victimes »

Dans un entretien accordé à l’occasion de la projection parisienne, Hilda Dehghani-Schmit, activiste iranienne et cofondatrice de l’association Norouz, a souligné l’importance de ce travail de documentation. « Nous avons rassemblé des preuves qui pourraient être utilisées devant une cour de justice », a-t-elle déclaré, précisant que l’objectif n’est pas seulement de dénoncer, mais de permettre une véritable procédure judiciaire. Elle a rappelé que les manifestations de janvier 2020, déclenchées après l’annonce de la baisse du prix du carburant, avaient été réprimées dans le sang, faisant plusieurs centaines de morts selon les estimations des ONG. Le documentaire, en présentant ces faits sous un angle juridique, vise à contourner le déni de justice imposé par les autorités iraniennes.

Rudy Saada et Maxime Perez : un travail de collecte minutieux et risqué

Les réalisateurs Rudy Saada et Maxime Perez ont expliqué lors de l’avant-première les difficultés rencontrées pour obtenir ces preuves. « Nous avons dû travailler avec des sources locales, souvent anonymes, pour éviter les représailles », a confié Rudy Saada. Le montage du film a nécessité des mois de vérification, chaque image étant authentifiée et géolocalisée pour être recevable devant une instance judiciaire. Maxime Perez a ajouté que le documentaire ne se limite pas aux événements de janvier 2020, mais établit des parallèles avec d’autres répressions historiques en Iran, afin de démontrer une politique systématique de violence d’État. Ce travail de fond pourrait, selon eux, servir de base à des poursuites pénales internationales.

Une projection qui s’inscrit dans un mouvement plus large pour la justice

La projection à la Maison du barreau de Paris n’est pas anodine : elle témoigne de l’implication croissante des juristes et des avocats dans la lutte contre l’impunité en Iran. Plusieurs avocats spécialisés en droit international étaient présents, et des discussions ont eu lieu sur les mécanismes juridiques disponibles pour engager des poursuites. L’association Norouz, qui milite depuis plusieurs années pour la reconnaissance des crimes du régime iranien, espère que ce documentaire pourra être diffusé dans d’autres capitales européennes et aux Nations unies. Le film, en offrant une base factuelle solide, pourrait contribuer à briser le silence diplomatique qui entoure souvent ces violences.

Conclusion : un outil pour l’histoire et pour la justice

Iran – Plaidoyer pour la justice s’impose comme un document essentiel, non seulement pour la mémoire des victimes, mais aussi pour l’établissement des responsabilités pénales. En transformant des images de souffrance en preuves judiciaires, les réalisateurs et l’association Norouz ouvrent une voie nouvelle dans la quête de justice pour le peuple iranien. Reste à savoir si cette initiative parviendra à mobiliser les instances internationales et à faire évoluer le rapport de force face à un régime qui refuse toute enquête indépendante. Le documentaire, dans cette attente, constitue déjà un acte politique et juridique majeur.