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Iran: des centaines de prisonniers en grève de la faim pour que cessent les exécutions de masse

Monde · · Par Claire BERNARD

Iran: des centaines de prisonniers en grève de la faim pour que cessent les exécutions de masse

Iran : des centaines de prisonniers en grève de la faim pour protester contre la recrudescence des exécutions Depuis le 13 juillet 2026, des centaines de détenu

Iran : des centaines de prisonniers en grève de la faim pour protester contre la recrudescence des exécutions

Depuis le 13 juillet 2026, des centaines de détenus de la prison de Qarchak, située dans la banlieue sud-est de Téhéran, observent une grève de la faim pour dénoncer l'accélération des exécutions capitales dans le pays. Selon des informations rapportées par RFI ce mardi 28 juillet, les prisonniers ont réussi, ces derniers jours, à faire sortir clandestinement des vidéos de l'établissement afin d'alerter l'opinion publique internationale sur leurs conditions de détention et leur revendication principale : l'arrêt immédiat de ce qu'ils qualifient d'exécutions de masse.

Un mouvement de protestation inédit dans une prison de la banlieue de Téhéran

La grève de la faim, qui dure désormais depuis quinze jours, impliquerait plusieurs centaines de prisonniers, selon des sources concordantes citées par RFI. L'établissement pénitentiaire de Qarchak, connu pour sa surpopulation et ses conditions de détention difficiles, serait le théâtre de ce mouvement collectif. Les détenus, via des vidéos filmées avec des téléphones portables introduits en fraude, auraient lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle exerce des pressions sur les autorités judiciaires iraniennes. Ces images, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée de manière indépendante, montreraient des groupes de prisonniers assis dans des cours, affaiblis mais déterminés, brandissant des pancartes de fortune réclamant la clémence.

Une explosion du nombre d'exécutions en 2026

Ce mouvement de contestation intervient dans un contexte particulièrement sombre pour les droits humains en Iran. D'après des données compilées par des organisations non gouvernementales, le nombre d'exécutions aurait connu une hausse spectaculaire en 2026. Les chiffres, bien que difficiles à confirmer officiellement en raison du manque de transparence du système judiciaire iranien, suggèrent que plusieurs centaines de condamnés à mort auraient déjà été exécutés depuis le début de l'année. Cette recrudescence s'inscrirait dans une tendance observée depuis 2022, où l'Iran figurait déjà parmi les pays procédant au plus grand nombre d'exécutions au monde, derrière la Chine. Les chefs d'accusation les plus fréquents concerneraient des affaires de meurtre, de trafic de stupéfiants et, de manière croissante, des délits politiques ou liés à la sécurité nationale.

Des vidéos comme ultime recours pour alerter l'opinion

Face à l'isolement carcéral et à la censure des communications, les prisonniers de Qarchak auraient utilisé des méthodes détournées pour faire parvenir leur message à l'extérieur. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, notamment sur des comptes d'opposants en exil, montreraient des détenus affaiblis après plusieurs jours de jeûne. Leurs visages, parfois floutés pour éviter des représailles, exprimeraient une détermination farouche. L'un des prisonniers, dont l'identité n'a pas été révélée, déclarerait dans une de ces séquences : « Nous préférons mourir de faim que de voir nos compagnons exécutés un par un. » Ces images, bien que difficilement vérifiables, ont relancé le débat sur la peine de mort en Iran et suscité des réactions au sein de la communauté diplomatique.

Des réactions internationales encore timides

Pour l'heure, les autorités iraniennes n'ont pas officiellement commenté ce mouvement de grève de la faim. Le ministère de la Justice, contacté par plusieurs médias internationaux, n'a pas répondu aux sollicitations. De leur côté, des organisations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, ont appelé Téhéran à cesser immédiatement les exécutions et à engager un dialogue avec les prisonniers. L'Union européenne, par la voix de son service diplomatique, a exprimé sa « profonde préoccupation » et exhorté l'Iran à respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains. Cependant, ces appels restent pour l'instant sans effet, et la situation pourrait se dégrader davantage si les autorités décidaient de réprimer le mouvement par la force.

Un précédent historique inquiétant

Cette grève de la faim n'est pas un cas isolé dans l'histoire récente de l'Iran. En 2022, des prisonniers politiques avaient déjà observé des mouvements de protestation similaires après la répression des manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini. À l'époque, plusieurs détenus avaient entamé des grèves de la faim pour dénoncer les exécutions sommaires et les mauvais traitements. Si certains avaient obtenu des aménagements de peine, d'autres avaient été transférés dans des prisons de haute sécurité ou soumis à des représailles. L'issue de la grève actuelle demeure incertaine, d'autant que le régime iranien semble déterminé à maintenir sa politique répressive. La communauté internationale, bien que mobilisée sur le plan rhétorique, peine à traduire ses condamnations en actions concrètes capables d'infléchir la position de Téhéran.