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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : plateformes concernées, date de mise en service… Ce que l’on sait du projet de loi voté ce mardi

Une · · Par Claire BERNARD

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : plateformes concernées, date de mise en service… Ce que l’on sait du projet de loi voté ce mardi

L'Assemblée nationale s'apprête à franchir une étape significative dans la régulation du numérique avec le vote, ce mardi, d'un projet de loi instaurant une int

L'Assemblée nationale s'apprête à franchir une étape significative dans la régulation du numérique avec le vote, ce mardi, d'un projet de loi instaurant une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Porté par la députée Renaissance Laure Miller, ce texte, dont la mouture finale a été arrêtée ce lundi en commission mixte paritaire (CMP), vise à renforcer la protection des mineurs en ligne, un enjeu devenu central dans le débat public. Si les grandes lignes du dispositif sont désormais connues, plusieurs modalités pratiques restent à préciser, notamment concernant les plateformes concernées et le calendrier de mise en œuvre. ## Un cadre législatif inédit pour la protection des mineurs Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, le projet de loi prévoit d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans sans l'autorisation préalable de leurs parents. Cette mesure, qui pourrait entrer en vigueur à partir de 2025 ou 2026, s'inscrit dans une volonté de lutter contre les risques liés à l'exposition précoce aux écrans et aux contenus inappropriés. Le texte, qui a fait l'objet de débats nourris en commission, s'appuie sur des études récentes alertant sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, notamment en matière d'anxiété, de dépression et de troubles du sommeil. La députée Laure Miller, à l'origine de cette initiative, a souligné l'importance de responsabiliser les plateformes tout en offrant un cadre protecteur aux familles. ## Quelles plateformes sont concernées par l'interdiction ? Le texte ne vise pas l'ensemble des services numériques, mais se concentre sur les réseaux sociaux au sens strict. D'après les éléments disponibles, seraient concernées les plateformes qui permettent l'interaction entre utilisateurs, le partage de contenus et la création de profils publics ou semi-publics. Cela inclurait des acteurs majeurs comme TikTok, Instagram, Snapchat, Facebook et X (anciennement Twitter). En revanche, les applications de messagerie instantanée comme WhatsApp ou Messenger, qui ne sont pas conçues comme des réseaux sociaux ouverts, pourraient ne pas être directement visées. Les services de streaming comme YouTube ou Twitch, bien que très utilisés par les jeunes, ne seraient pas inclus dans le champ de l'interdiction, sauf si leurs fonctionnalités sociales (commentaires, lives, messagerie) les assimilent à des réseaux sociaux. Une distinction qui pourrait faire débat lors de l'application concrète de la loi. ## Un calendrier de mise en œuvre progressif La mise en application de cette interdiction ne sera pas immédiate. Selon les sources gouvernementales, le texte prévoit une période de transition pour permettre aux plateformes de se conformer aux nouvelles obligations techniques. Les réseaux sociaux devraient mettre en place des systèmes de vérification de l'âge plus robustes, potentiellement via une double authentification parentale ou un document d'identité. La date de mise en service effective est estimée entre 2025 et 2026, le temps que les décrets d'application soient publiés et que les entreprises adaptent leurs interfaces. Des sanctions financières, pouvant aller jusqu'à 1 % du chiffre d'affaires mondial en cas de non-respect, sont également prévues pour dissuader les plateformes de contourner la loi. Ce délai laisse aussi aux parents et aux éducateurs le temps de se préparer à ce changement de paradigme. ## Des implications juridiques et techniques complexes Si le projet de loi est salué par de nombreuses associations de protection de l'enfance, il soulève également des questions techniques et juridiques. La principale difficulté réside dans la mise en place d'un système de vérification de l'âge qui respecte à la fois la vie privée des utilisateurs et les exigences de sécurité. D'après des experts en cybersécurité cités par nos confrères, aucune solution actuelle ne garantit une fiabilité absolue sans collecter des données sensibles. Par ailleurs, le texte pourrait être contesté devant le Conseil constitutionnel ou la Cour de justice de l'Union européenne au motif qu'il porterait atteinte à la liberté d'expression et à la circulation des informations. La France n'est pas le premier pays à tenter une telle régulation : l'Australie a récemment adopté une loi similaire, mais son application reste encore sujette à des ajustements techniques. L'issue de ce vote à l'Assemblée nationale marque donc une première étape, mais le chemin vers une mise en œuvre effective s'annonce semé d'embûches.