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INFOGRAPHIE. Elles en possèdent 36.000 tonnes (presque autant que sous Bretton Woods): l'or a dépassé les bons du Trésor américains dans les réserves des banques centrales du monde

Economie · · Par Julie MOREAU

INFOGRAPHIE. Elles en possèdent 36.000 tonnes (presque autant que sous Bretton Woods): l'or a dépassé les bons du Trésor américains dans les réserves des banques centrales du monde

# L'or détrône les bons du Trésor américains dans les réserves des banques centrales Pour la première fois depuis l'ère de Bretton Woods, l'or pèse désormais pl

# L'or détrône les bons du Trésor américains dans les réserves des banques centrales Pour la première fois depuis l'ère de Bretton Woods, l'or pèse désormais plus lourd que les bons du Trésor américains dans les réserves de change des banques centrales du monde entier. Selon une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée récemment et relayée par BFM Business, le métal jaune représentait 27% des réserves totales fin 2025, contre 22% pour les "Treasuries" américains. Les banques centrales détiennent collectivement environ 36.000 tonnes d'or, un niveau proche de celui observé sous le système de Bretton Woods. ## Une progression tirée par la flambée des cours Cette inversion de tendance s'explique avant tout par l'envolée spectaculaire du cours de l'or. Le métal précieux a bondi d'environ 60% en 2025 et de 30% en 2024. Fin janvier 2026, la valeur de l'once a même atteint un plus haut historique à plus de 5.600 dollars. La BCE souligne d'ailleurs que cette évolution "reflète principalement" ces effets de valorisation plutôt qu'un désengagement massif des banques centrales vis-à-vis des actifs américains. Si l'on exclut ces effets de prix, les bons du Trésor restent en tête avec 26% des réserves, devant l'or et les actifs en euros, chacun à 16%. ## Une quête d'alternatives au dollar dans un contexte géopolitique tendu Au-delà des fluctuations de cours, la tendance de fond est bien réelle : les banques centrales renforcent leurs stocks d'or depuis plusieurs années, traduisant leur volonté de diversifier leurs réserves et de réduire leur dépendance au dollar américain. Ce mouvement s'est accentué avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. "Les tensions géopolitiques continuent d'alimenter une forte demande d'or de la part des banques centrales", a souligné Christine Lagarde, présidente de la BCE. Depuis 2022, la Chine est le plus gros acheteur avec 350 tonnes, suivie par la Pologne (320 tonnes), qui détient désormais plus d'or que la BCE elle-même. La Turquie (220 tonnes) et l'Inde (130 tonnes) complètent ce classement. ## Un paradoxe : des ventes pour soutenir les économies Paradoxalement, si l'appétit pour l'or reste fort, certaines banques centrales ont commencé à se délester d'une partie de leurs réserves depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. L'objectif : soutenir leurs monnaies nationales et leurs économies fragilisées par les tensions régionales. Cette stratégie illustre le double rôle de l'or, à la fois valeur refuge et instrument de stabilisation monétaire. Sur la seule année 2025, c'est la Pologne qui est arrivée en tête des principaux acheteurs, confirmant son positionnement stratégique. ## Un signal fort pour l'avenir du système monétaire international Cette évolution des réserves des banques centrales envoie un signal puissant aux marchés financiers. Si l'or ne menace pas encore la suprématie du dollar comme monnaie de réserve mondiale, la diversification accélérée des réserves témoigne d'une fragmentation croissante du système monétaire international. Les banques centrales, en privilégiant un actif neutre et décentralisé comme l'or, cherchent à se prémunir contre les risques géopolitiques et les sanctions financières. La question qui se pose désormais est de savoir si cette tendance est conjoncturelle, liée à la flambée des cours, ou structurelle, annonçant un nouvel ordre monétaire mondial.