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INFOGRAPHIE. La France dégringole dans le classement des meilleurs élèves sur l'inflation: l'Allemagne résiste désormais mieux (mais pas l'Espagne malgré des milliards d'euros dépensés)

Economie · · Par Julie MOREAU

INFOGRAPHIE. La France dégringole dans le classement des meilleurs élèves sur l'inflation: l'Allemagne résiste désormais mieux (mais pas l'Espagne malgré des milliards d'euros dépensés)

L'inflation en zone euro a atteint 3,8 % sur un an en septembre, contre 3,2 % en août, selon les données publiées par Eurostat. Un niveau inédit depuis trois an

L'inflation en zone euro a atteint 3,8 % sur un an en septembre, contre 3,2 % en août, selon les données publiées par Eurostat. Un niveau inédit depuis trois ans, qui rebat les cartes du classement des pays les plus vertueux en matière de hausse des prix. La France, longtemps citée en exemple, recule nettement, tandis que l'Allemagne résiste mieux et que l'Espagne, malgré des dépenses publiques massives, reste à la traîne. ## La France perd son statut de bonne élève Avec une inflation de 3,4 % en septembre, l'Hexagone se situe encore sous la moyenne de la zone euro, mais il n'appartient plus au peloton de tête. La France n'était plus que le huitième pays affichant la hausse des prix la plus contenue le mois dernier, juste derrière l'Allemagne (3,3 %). Le contraste est net avec les mois précédents : elle occupait encore la quatrième place en août, et même la troisième en juillet. Cette dégradation s'explique en grande partie par la flambée des prix de l'énergie, qui ont bondi de 21,1 % sur un an en septembre dans l'Hexagone, contre 18,9 % en moyenne dans la zone euro et seulement 13,4 % en Allemagne. Le différentiel énergétique avec son voisin d'outre-Rhin pèse donc lourdement dans ce décrochage. ## L'Allemagne résiste, Malte et la Finlande en tête Si l'Allemagne devance désormais la France, elle n'est pas pour autant la championne de la discipline. Selon Eurostat, Malte (2,4 %), la Finlande (2,7 %) et la Lettonie (3 %, à égalité avec les Pays-Bas et la Slovaquie) affichent les taux d'inflation les plus faibles de la zone euro. À l'inverse, la Lituanie (6,1 %), la Bulgarie (5,6 %) et le Luxembourg (5,2 %) enregistrent les hausses de prix les plus marquées. Cette dispersion illustre la difficulté pour la Banque centrale européenne à piloter une politique monétaire unique face à des situations nationales très hétérogènes. ## L'Espagne, contre-exemple des plans anticrise Le cas espagnol retient particulièrement l'attention. Le pays a déployé trois plans anticrise pour un coût total estimé à 12 milliards d'euros, soit 0,5 % de son PIB, incluant notamment une remise sur l'essence et le gazole fixée à 20 centimes par litre. Malgré cet effort budgétaire considérable, les prix de l'énergie y grimpent de 22,1 % sur un an, et l'inflation atteint 5 %. Ce résultat, supérieur à celui de la France et de l'Allemagne, suggère que les subventions ciblées sur les carburants n'ont pas suffi à contenir la dynamique inflationniste. Celle-ci serait aussi alimentée, selon les analystes, par une croissance dynamique et une demande intérieure particulièrement soutenue. ## Un contexte géopolitique toujours pesant Sans nette accalmie, le conflit au Moyen-Orient continue de tirer les prix vers le haut, notamment sur le front énergétique. Cette pression externe complique la trajectoire de désinflation attendue par les gouvernements et les institutions européennes. Dans ce contexte, la position française, désormais devancée par l'Allemagne, pourrait continuer de se dégrader si les prix de l'énergie ne se stabilisent pas. La comparaison avec l'Espagne montre toutefois qu'un effort budgétaire important ne garantit pas nécessairement un meilleur résultat, ce qui invite à la prudence sur les remèdes envisageables.