Onyx Infos

INFOGRAPHIE. 36.000 euros par patient pour le mélanome: les remboursements des anticancéreux explosent, l'Assurance maladie veut couper dans les dépenses de médicaments innovants

Economie · · Par Julie MOREAU

INFOGRAPHIE. 36.000 euros par patient pour le mélanome: les remboursements des anticancéreux explosent, l'Assurance maladie veut couper dans les dépenses de médicaments innovants

# Anticancéreux : le coût des remboursements explose, l’Assurance maladie cherche à réduire la facture Face à un déficit abyssal de 13,8 milliards d’euros, l’As

# Anticancéreux : le coût des remboursements explose, l’Assurance maladie cherche à réduire la facture Face à un déficit abyssal de 13,8 milliards d’euros, l’Assurance maladie dégaine ses propositions d’économies pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027. Dans le viseur : les médicaments anticancéreux, dont les remboursements ont bondi de 65% en cinq ans, passant de 4,3 milliards d’euros en 2019 à 7,1 milliards en 2024. Le dernier rapport Charges et produits 2027, publié la semaine dernière avant même son vote par le Conseil de la Cnam prévu le 9 juillet, consacre un volet entier à cette dérive budgétaire. ## 36.000 euros par patient pour le mélanome : l’envolée des coûts unitaires Le document de la Cnam révèle des chiffres édifiants. Pour un patient atteint de mélanome, le remboursement moyen atteint 36.000 euros par an. Ce montant illustre l’explosion des dépenses liées aux thérapies innovantes, notamment les immunothérapies et les thérapies ciblées. Ces traitements, bien que plus efficaces, pèsent lourdement sur les finances de la Sécurité sociale. En valeur brute, c’est-à-dire hors remises négociées par le Comité économique des produits de santé (CEPS), la facture totale des anticancéreux aurait même atteint 11,7 milliards d’euros en 2024. Les remises obtenues auprès des laboratoires permettent donc d’atténuer partiellement le choc, mais la tendance reste préoccupante. ## 30% de la hausse liée au nombre de patients, le reste aux prix L’Assurance maladie détaille les ressorts de cette inflation. Selon ses calculs, 30% de la hausse des montants remboursés entre 2019 et 2024 s’explique par "la hausse du nombre de patients traités", soit 1,1 milliard d’euros supplémentaires. Cet "effet volume" traduit avant tout l’augmentation de la population traitée, liée au vieillissement démographique et à l’amélioration du dépistage. Mais le reste de la progression provient de l’arrivée sur le marché de molécules toujours plus onéreuses. Les anticancéreux représentent désormais un quart de la dépense pharmaceutique nette totale, contre 19% cinq ans plus tôt. Une part qui ne cesse de croître, malgré les efforts du CEPS pour contenir les prix. ## Des pistes d’économies controversées pour le PLFSS 2027 Pour endiguer cette dérive, l’Assurance maladie propose plusieurs leviers dans son rapport. Elle suggère notamment de renforcer les négociations sur les prix avec les laboratoires, d’accélérer le développement des génériques et biosimilaires, et de mieux encadrer les prescriptions. Certaines pistes, comme la révision des conditions de remboursement de certaines molécules innovantes, suscitent déjà des inquiétudes chez les oncologues et les associations de patients. Ces derniers redoutent un accès réduit aux traitements les plus récents. Le débat promet d’être vif au Parlement cet automne, alors que le PLFSS 2027 devra concilier impératif budgétaire et nécessité de soigner une population vieillissante.