INFO MIDI LIBRE Le procès en appel de Mohed Altrad et Bernard Laporte reporté à 2027

Le procès en appel de Mohed Altrad et Bernard Laporte reporté à 2027 La justice sportive et économique française connaît un nouveau rebondissement dans l’affair
Le procès en appel de Mohed Altrad et Bernard Laporte reporté à 2027
La justice sportive et économique française connaît un nouveau rebondissement dans l’affaire qui oppose Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault Rugby (MHR), et Bernard Laporte, ancien manager du club et figure du rugby tricolore. Selon des informations exclusives rapportées par Midi Libre, le procès en appel des deux hommes, initialement attendu pour une date antérieure, a été repoussé à mars 2027. Ce délai inattendu soulève des interrogations sur la gestion des procédures judiciaires dans le milieu sportif, où les enjeux de réputation et de gouvernance se mêlent à des questions économiques complexes.
Un nouveau calendrier judiciaire fixé par la cour
D’après les sources de Midi Libre, la cour d’appel a officiellement décalé l’examen de cette affaire à mars 2027. Ce report, confirmé par des proches du dossier, intervient alors que les deux prévenus avaient été condamnés en première instance pour des faits de corruption et d’abus de biens sociaux, liés à un contrat de sponsoring entre Altrad et la Fédération française de rugby (FFR). Bernard Laporte, ancien président de la FFR, et Mohed Altrad, milliardaire et propriétaire du MHR, avaient interjeté appel de cette décision. Le nouveau calendrier, qui repousse l’audience de plusieurs années, pourrait être motivé par l’encombrement des tribunaux ou par des demandes de renvoi formulées par les avocats de la défense. Les observateurs notent que ce délai offre un répit aux accusés, mais prolonge également l’incertitude juridique qui pèse sur leurs fonctions respectives.
Les enjeux d’une affaire emblématique
Cette affaire, qui a secoué le monde du rugby français, trouve son origine dans un contrat de 180 000 euros signé en 2017 entre la FFR et la société Altrad. Bernard Laporte, alors à la tête de la fédération, aurait favorisé le groupe de Mohed Altrad dans l’obtention de marchés, en échange de contreparties, selon l’accusation. En première instance, en décembre 2022, Laporte avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et 75 000 euros d’amende, tandis qu’Altrad avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende. Le report du procès en appel à 2027 pourrait avoir des conséquences sur la gouvernance des clubs et des instances sportives. En effet, Bernard Laporte, qui a depuis quitté la présidence de la FFR, reste une figure influente, tandis que Mohed Altrad continue de diriger le MHR avec une main de fer. Ce délai pourrait également affecter les relations entre le club montpelliérain et les instances fédérales, dans un contexte où la transparence des financements sportifs est de plus en plus scrutée.
Des implications pour le rugby français
Le report de ce procès intervient dans un climat de tension au sein du rugby hexagonal, marqué par des crises financières et des scandales de gouvernance. D’après des sources proches du dossier, ce nouveau calendrier pourrait permettre aux parties de préparer une défense plus solide, mais il risque aussi de ralentir les réformes promises par la FFR pour assainir ses pratiques. Les supporters du MHR, quant à eux, s’interrogent sur l’impact de cette affaire sur le recrutement et la stabilité du club, qui évolue en Top 14. Par ailleurs, cette situation pourrait influencer les décisions de la Ligue nationale de rugby (LNR) concernant les critères de gestion des clubs professionnels. Le report à 2027, bien que technique, soulève des questions plus larges sur la capacité du système judiciaire à traiter rapidement des dossiers impliquant des personnalités publiques.
Vers une issue incertaine
Alors que le procès en appel est désormais programmé pour mars 2027, les acteurs de cette affaire devront composer avec une longue période d’attente. Ce délai, s’il offre un répit temporaire, ne dissipe pas les zones d’ombre qui entourent les relations entre le monde des affaires et celui du sport. Les avocats de Mohed Altrad et Bernard Laporte n’ont pas encore commenté publiquement ce report, mais il est probable qu’ils chercheront à obtenir une clarification des charges dans les mois à venir. En attendant, le rugby français devra continuer à naviguer entre les exigences de performance sportive et les impératifs de probité éthique. Ce report, loin de clore le débat, pourrait bien raviver les tensions autour de la gouvernance des instances sportives, dans un secteur où la confiance du public reste fragile.