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Incendies en Gironde : face au feu, à l’océan et à l’État, Benoît Bartherotte, l’irréductible du Cap Ferret

Une · · Par Claire BERNARD

Incendies en Gironde : face au feu, à l’océan et à l’État, Benoît Bartherotte, l’irréductible du Cap Ferret

Le feu qui a embrasé la Gironde mercredi dernier a trouvé sur la presqu’île du Cap Ferret un adversaire à sa mesure : Benoît Bartherotte. Figure historique des

Le feu qui a embrasé la Gironde mercredi dernier a trouvé sur la presqu’île du Cap Ferret un adversaire à sa mesure : Benoît Bartherotte. Figure historique des lieux, l’homme d’affaires de bientôt 80 ans a mobilisé ses équipes vendredi pour abattre des arbres face aux flammes, sans attendre les autorisations administratives nécessaires, rapporte Le Figaro dans un portrait publié le 26 juillet. Un geste qui résume quatre décennies d’un combat singulier mené contre les éléments, mais aussi contre l’État. ## Un pare-feu improvisé face à l’urgence Selon les informations rapportées par Le Figaro Magazine, alors que le vent poussait les flammes vers les habitations, Benoît Bartherotte a ordonné à ses troupes de créer un pare-feu à l’entrée du village du Cap Ferret, à la lisière de la forêt de pins, sur la route principale dite de Bordeaux. Cette action, menée sans attendre les autorisations nécessaires, illustrerait selon le portrait la détermination de celui qui se considère comme le dernier rempart de la presqu’île. Le propriétaire de la pointe de la dune aurait ainsi privilégié l’efficacité opérationnelle à la procédure administrative, un choix qui pourrait susciter des interrogations quant au cadre légal de son intervention. L’incendie, qui s’est déclaré mercredi, menaçait de détruire la presqu’île dans son intégralité. La progression rapide des flammes, alimentée par un vent soutenu, aurait placé les autorités locales face à une situation critique. Dans ce contexte d’urgence, l’initiative de Benoît Bartherotte, bien que potentiellement irrégulière, aurait été perçue par certains habitants comme une action salvatrice. Le Figaro souligne que cet épisode s’inscrit dans une longue série d’affrontements entre l’homme d’affaires et les institutions. ## Quatre décennies de résistance Benoît Bartherotte incarne une certaine idée du Cap Ferret, bien antérieure à sa notoriété actuelle. D’après le portrait publié par Le Figaro, il fut parmi les premiers à s’installer sur la presqu’île, à une époque où les villas étaient peu nombreuses et où la dune reculait sous les coups de boutoir de l’océan. Cette antériorité fonde selon lui une légitimité particulière à défendre les lieux, qu’il oppose régulièrement aux décisions de l’État en matière d’urbanisme et de protection de l’environnement. L’article évoque une comparaison avec une autre figure médiatique, Saint-Tropez ayant eu « BB » avec Brigitte Bardot, le Cap Ferret ayant son « BB » en la personne de Benoît Bartherotte. Au fil des décennies, l’homme d’affaires aurait développé une vision personnelle de la gestion de la presqu’île, fondée sur une connaissance intime du terrain. Cette approche l’aurait conduit à s’opposer à plusieurs reprises aux projets portés par les pouvoirs publics, qu’il s’agisse de réglementations environnementales ou de plans de prévention des risques. Le gigantesque incendie de cette semaine lui aurait donné une nouvelle occasion de démontrer sa volonté d’agir par ses propres moyens, quand bien même ces actions pourraient être contestées sur le plan juridique. ## Une légitimité contestée mais assumée La démarche de Benoît Bartherotte soulève toutefois des questions quant à l’équilibre entre initiative citoyenne et prérogatives de l’État. Selon le portrait du Figaro, l’homme de bientôt 80 ans s’est auto-proclamé défenseur du Cap Ferret, un titre qui ne repose sur aucun mandat officiel. Cette posture pourrait être perçue comme une forme de contestation de l’autorité publique, d’autant plus que l’abattage d’arbres en zone forestière est soumis à une réglementation stricte en période d’incendie. Les autorités compétentes n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles suites données à cette action. Par ailleurs, la question de la responsabilité en cas de dommages collatéraux se poserait avec acuité. Si le pare-feu a pu contribuer à protéger le village, des dégâts environnementaux pourraient être constatés dans les zones où les arbres ont été abattus. Les services de l’État devraient prochainement évaluer la conformité de cette intervention avec les règles en vigueur, sans préjuger des suites qui pourraient y être données. ## L’avenir incertain d’une presqu’île menacée Au-delà de l’épisode immédiat, le portrait de Benoît Bartherotte met en lumière les fragilités structurelles du Cap Ferret. L’érosion de la dune, l’élévation du niveau des eaux et la multiplication des épisodes de sécheresse constituent des menaces de long terme pour la presqu’île. Selon des éléments rapportés par Le Figaro, l’homme d’affaires serait déterminé à demeurer sur place quoi qu’il arrive, quitte à être le dernier à partir sous la menace des flammes ou de la montée des eaux. Cette obstination pourrait être interprétée comme une forme de défi lancé aux autorités, mais aussi comme une expression de l’attachement viscéral d’un homme à sa terre. L’issue de ce nouvel épisode reste incertaine. Les services de secours poursuivent leurs opérations de maîtrise du feu, tandis que les habitants de la presqu’île attendent des éclaircissements sur la situation. La confrontation entre l’initiative privée et le cadre réglementaire pourrait, selon toute vraisemblance, connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines.