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Incendies : face à la polémique, Laurent Nuñez défend une flotte de Canadair "parmi les plus performantes d’Europe"

Une · · Par Claire BERNARD

Incendies : face à la polémique, Laurent Nuñez défend une flotte de Canadair

# Incendies : face à la polémique, Laurent Nuñez défend une flotte de Canadair "parmi les plus performantes d’Europe" Alors que la saison des feux de forêt s'an

# Incendies : face à la polémique, Laurent Nuñez défend une flotte de Canadair "parmi les plus performantes d’Europe" Alors que la saison des feux de forêt s'annonce particulièrement précoce et intense sur le pourtour méditerranéen, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a tenu à répondre aux critiques qui ciblent la capacité aérienne de lutte contre les incendies en France. Dans un entretien accordé à nos confrères de Midi Libre, le haut responsable a défendu avec fermeté l'état de la flotte nationale, la qualifiant de "parmi les plus performantes d'Europe". Cette déclaration intervient dans un contexte de polémique récurrente sur l'âge et le nombre des appareils disponibles, alors que les feux se multiplient sur le territoire. ## Une flotte vieillissante mais toujours opérationnelle Selon les informations rapportées par Midi Libre, la France dispose actuellement de deux modèles d'avions bombardiers d'eau pour combattre les incendies : douze Canadair, qui se ravitaillent sur un plan d'eau, et huit Dash, à charger au sol. Ces appareils, dont certains ont été acquis dans les années 1990, font régulièrement l'objet de débats sur leur capacité à faire face à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des incendies, phénomène attribué au changement climatique par de nombreux experts. Laurent Nuñez a cependant tenu à relativiser ces inquiétudes, soulignant que la maintenance rigoureuse et les modernisations successives permettent de maintenir un niveau opérationnel élevé. Le préfet a notamment insisté sur le fait que la France dispose d'un "outil industriel et technique" qui n'a rien à envier à ses voisins européens. Cette affirmation s'appuie sur des comparaisons avec les flottes italienne, espagnole ou grecque, qui font également face à des défis similaires en matière de renouvellement de leurs moyens aériens. Toutefois, des sources proches de la Sécurité civile auraient fait état, ces derniers mois, de difficultés ponctuelles liées à la disponibilité des pièces détachées pour les Canadair, dont la production a cessé depuis plusieurs années. ## Une polémique qui ne faiblit pas Le débat sur la flotte de bombardiers d'eau n'est pas nouveau. Chaque été, alors que les incendies ravagent des milliers d'hectares, des voix s'élèvent pour réclamer un renforcement des moyens aériens. Des élus locaux, notamment dans le Sud de la France, ont régulièrement interpellé le gouvernement sur ce sujet, pointant du doigt le vieillissement des appareils et les délais d'intervention parfois jugés trop longs. Laurent Nuñez, en prenant la parole, semble vouloir couper court à ces critiques avant que la saison estivale ne batte son plein. Il convient de rappeler que la France a lancé, en 2021, un programme de renouvellement de sa flotte avec la commande de nouveaux appareils. Cependant, les livraisons ne devraient pas intervenir avant plusieurs années, laissant les Canadair et Dash en première ligne pour les prochaines saisons. En attendant, la polémique pourrait bien resurgir à chaque nouvel incendie majeur, comme ce fut le cas lors des feux de l'été 2022 en Gironde, où des critiques avaient émergé sur la lenteur des rotations aériennes. ## Des enjeux logistiques et climatiques Au-delà de la simple question du nombre d'appareils, c'est toute la chaîne logistique de la lutte contre les incendies qui est en jeu. Les Canadair, bien que performants, nécessitent des plans d'eau suffisamment proches des foyers pour être ravitaillés rapidement, une contrainte qui peut s'avérer problématique dans certaines régions. Les Dash, quant à eux, offrent une plus grande autonomie mais doivent retourner à leur base pour se recharger, ce qui peut allonger les temps d'intervention. Par ailleurs, le contexte climatique tend à aggraver la situation. Selon des données de Météo-France, les épisodes de sécheresse et de canicule devraient se multiplier dans les années à venir, augmentant mécaniquement le risque de départ de feu. Dans ce cadre, la défense de Laurent Nuñez pourrait ne pas suffire à apaiser les inquiétudes des acteurs locaux, qui réclament des moyens supplémentaires et une anticipation accrue des périodes à risque. La question du renouvellement de la flotte reste donc ouverte, et les prochains mois pourraient être décisifs pour évaluer la pertinence des choix effectués.