Incendie du siècle dans l’Aude : un des trois agents de l’ONF va être présenté à un juge, soupçonné d’avoir involontairement mis le feu

### Un agent de l’ONF mis en cause dans l’incendie de l’Aude Un des trois agents de l’Office national des forêts (ONF) placés en garde à vue depuis mardi matin
### Un agent de l’ONF mis en cause dans l’incendie de l’Aude
Un des trois agents de l’Office national des forêts (ONF) placés en garde à vue depuis mardi matin dans le cadre de l’enquête sur le gigantesque incendie qui a ravagé le massif de la Pinède, dans l’Aude, va être présenté à un juge d’instruction. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, cet agent est soupçonné d’avoir involontairement provoqué le départ de feu qui a consumé plus de 2 000 hectares de forêt et de garrigue en août 2023, un sinistre qualifié d’« incendie du siècle » par les autorités locales.
### Les circonstances du drame encore floues
Les faits remontent au 14 août 2023, lorsqu’un violent incendie s’est déclaré dans la région de Narbonne, attisé par des vents violents et des températures caniculaires. Le feu, qui a mobilisé des centaines de pompiers et des moyens aériens conséquents, a détruit des habitations, des vignobles et une partie du patrimoine naturel du département. L’enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Montpellier, a rapidement orienté les investigations vers une possible origine humaine, sans pour autant écarter une piste accidentelle.
Selon des sources proches du dossier, les trois agents de l’ONF, dont les identités n’ont pas été divulguées, auraient été entendus en tant que témoins avant d’être placés en garde à vue. Les enquêteurs cherchent à déterminer si l’un d’eux, lors d’une opération de débroussaillement ou d’entretien forestier, aurait pu involontairement déclencher le sinistre. L’hypothèse d’un outil mécanique, comme une tronçonneuse ou un engin de chantier, ayant produit une étincelle dans un contexte de sécheresse extrême, est privilégiée, mais aucune confirmation officielle n’a été apportée à ce stade.
### Une procédure judiciaire en cours
Le parquet de Narbonne a précisé que l’agent concerné sera déféré devant un juge d’instruction dans les prochaines heures, sans pour autant préciser la qualification retenue. Les chefs de « destruction involontaire par incendie » et « mise en danger de la vie d’autrui » sont évoqués par plusieurs sources, mais le parquet reste discret sur les détails de l’enquête. Les deux autres agents, quant à eux, ont été remis en liberté sans poursuites à ce stade, bien qu’ils demeurent sous le statut de témoins assistés.
Cette affaire soulève des questions sur les conditions de travail des agents de l’ONF, souvent confrontés à des situations à risque lors des périodes de sécheresse. L’ONF, de son côté, a indiqué qu’il coopérait pleinement avec les autorités judiciaires et qu’il avait ouvert une enquête interne pour faire la lumière sur ces événements. L’incendie de l’Aude a également relancé le débat sur la prévention des feux de forêt dans le sud de la France, où la multiplication des épisodes caniculaires accroît le risque de sinistres.
### Un impact humain et écologique majeur
Au-delà des aspects judiciaires, cet incendie a laissé des traces profondes dans le paysage et les communautés locales. Plus de 800 personnes ont été évacuées, et une vingtaine de maisons ont été détruites ou endommagées. Le bilan écologique est également lourd : des espèces rares de flore et de faune, notamment le pin d’Alep et le lézard ocellé, ont vu leur habitat réduit en cendres. Les opérations de reboisement, estimées à plusieurs millions d’euros, pourraient prendre des années, selon les experts.
Si la piste accidentelle se confirme, elle rappellerait que la majorité des incendies en France sont d’origine humaine, souvent involontaire, et que la vigilance reste de mise, même chez les professionnels de la forêt. L’audition de l’agent devant le juge d’instruction devrait permettre de préciser les responsabilités et d’apporter des éléments supplémentaires sur les causes exactes de ce drame.