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Ils veulent fabriquer un soleil miniature: de Sam Altman à Jeff Bezos, pourquoi les géants de l'IA investissent des milliards dans la fusion nucléaire (alors qu'il n'existe pas une seule centrale fonctionnelle)

Economie · · Par Julie MOREAU

Ils veulent fabriquer un soleil miniature: de Sam Altman à Jeff Bezos, pourquoi les géants de l'IA investissent des milliards dans la fusion nucléaire (alors qu'il n'existe pas une seule centrale fonctionnelle)

Les géants de l’intelligence artificielle, d’OpenAI à Google en passant par Amazon, misent des milliards de dollars sur la fusion nucléaire pour répondre à l’ap

Les géants de l’intelligence artificielle, d’OpenAI à Google en passant par Amazon, misent des milliards de dollars sur la fusion nucléaire pour répondre à l’appétit énergétique insatiable de leurs data centers. Cette technologie, qui promet de reproduire le processus énergétique du soleil, suscite un engouement financier sans précédent, alors même qu’aucune centrale fonctionnelle n’existe à ce jour. ## Un pari financier colossal sur une technologie expérimentale Le patron d’OpenAI, Sam Altman, incarne cette frénésie d’investissement. Selon les informations rapportées par BFM Business, il aurait injecté 375 millions de dollars dans Helion Energy, l’une des start-ups les plus prometteuses du secteur. Sur son blog, en 2021, il affirmait que si cette technologie aboutissait, elle pourrait "apporter une solution à la crise climatique". Un an plus tard, le lancement de ChatGPT inaugurait l’ère de l’IA générative, multipliant les besoins en électricité pour faire tourner les serveurs. Cette dynamique ne se limite pas à Altman. Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, investit également dans le secteur, tout comme les géants Google et Microsoft, qui multiplient les accords avec des jeunes pousses spécialisées. L’objectif affiché : sécuriser un approvisionnement en énergie décarbonée dès 2030. Pourtant, les experts rappellent que le chemin est encore long avant un déploiement commercial à grande échelle. ## Une technologie complexe aux défis d’ingénierie majeurs La fusion nucléaire se distingue radicalement de la fission, utilisée dans les réacteurs actuels. Au lieu de briser des atomes lourds, elle assemble des particules légères pour créer un plasma extrêmement chaud et chargé électriquement, semblable à celui des étoiles. Recréer cette réaction sur Terre constitue un défi scientifique et technique colossal, sur lequel les chercheurs travaillent depuis le milieu du XXe siècle. Le projet ITER, situé à Saint-Paul-les-Durance dans les Bouches-du-Rhône, illustre l’ampleur de ces travaux. Ce réacteur expérimental international de type tokamak, destiné à la recherche civile, mobilise des ressources considérables et des décennies d’efforts. Les modules du solénoïde central, photographiés sur le site, témoignent de la complexité des équipements nécessaires pour confiner et contrôler le plasma. ## Des promesses énergétiques à long terme Les partisans de la fusion nucléaire avancent des arguments séduisants : une énergie quasi illimitée, décarbonée et sans déchets radioactifs à vie longue. Pour les entreprises d’IA, dont la consommation électrique explose avec l’entraînement de modèles toujours plus puissants, cette perspective représente une solution idéale. Les accords signés avec des start-ups comme Helion Energy s’inscrivent dans cette stratégie d’anticipation. Toutefois, les délais annoncés restent incertains. Si les optimistes évoquent une mise en service industrielle autour de 2030, les scientifiques les plus prudents estiment que plusieurs décennies seront nécessaires pour maîtriser parfaitement cette technologie. Les investisseurs, eux, semblent prêts à prendre ce risque, conscients que le potentiel de la fusion pourrait redéfinir l’équilibre énergétique mondial. L’engouement actuel pour la fusion nucléaire illustre un paradoxe : les plus grandes fortunes de la tech parient massivement sur une technologie qui n’a pas encore fait ses preuves commerciales. Leurs investissements pourraient néanmoins accélérer la recherche et rapprocher l’humanité d’une source d’énergie propre et abondante. Reste à savoir si les promesses de ces "soleils miniatures" se concrétiseront avant que les besoins des IA ne dépassent les capacités de nos infrastructures actuelles.