Ils veulent "un dispositif exceptionnel" comme pendant le Covid: Les Entrepreneurs appellent le gouvernement à renforcer les aides aux entreprises touchées par les incendies

L’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) a adressé vendredi 31 juillet une note au Premier ministre Sébastien Lecornu, réclamant la mise en place d’
L’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) a adressé vendredi 31 juillet une note au Premier ministre Sébastien Lecornu, réclamant la mise en place d’un « dispositif exceptionnel » pour soutenir les entreprises affectées par les incendies, en particulier en Gironde et dans les Landes. Cette demande, révélée par l’AFP, intervient alors que la saison des feux « ne fait hélas que débuter », selon les termes de l’organisation, qui anticipe des répercussions économiques durables pour tout le tissu entrepreneurial du sud-ouest.
### Une demande d’ampleur pour des dégâts « inédits »
Dans sa correspondance, Amir Reza-Tofighi, président des Entrepreneurs, insiste sur la nécessité de « mesures fortes à la hauteur des conséquences désastreuses et inédites » rencontrées par les sociétés de la région, y compris celles « indirectement touchées » par les sinistres. L’organisation s’appuie sur les données de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Bordeaux-Gironde, qui estime que « 40.000 entreprises auraient été directement ou indirectement affectées » dans le seul département de la Gironde. Ce chiffre, avancé au conditionnel, illustre l’ampleur potentielle du choc économique, qui dépasse largement les seules zones brûlées pour impacter la chaîne logistique, le tourisme et l’activité des sous-traitants. Les Entrepreneurs plaident pour un accompagnement « dans le temps », suggérant que la reprise pourrait être longue et que les dispositifs existants sont inadaptés à cette crise spécifique.
### Un modèle calqué sur la crise Covid pour l’activité partielle
La principale revendication porte sur le financement de l’activité partielle. Les Entrepreneurs proposent un régime « renforcé, sur le modèle de ce qui a été déployé au moment de la crise Covid ». Concrètement, ils demandent une indemnisation salariée portée à 70 % du salaire brut, ainsi qu’une allocation employeur également fixée à 70 % du brut. Ce niveau contraste fortement avec le droit commun, qui prévoit actuellement 60 % pour le salarié et seulement 36 % pour l’employeur. À défaut d’obtenir ce niveau maximal, l’organisation patronale suggère un repli vers un équilibre à 60 % pour les deux parties, afin de soulager la trésorerie des entreprises sinistrées. Cette revendication traduit une inquiétude majeure : celle de voir les entreprises confrontées à une chute brutale de leur activité sans pouvoir assumer les charges fixes liées à leurs effectifs.
### Simplification administrative et élargissement des bénéficiaires
Au-delà du taux d’indemnisation, Les Entrepreneurs réclament une simplification des procédures. Ils demandent une « avance automatique » sur l’allocation d’activité partielle, versée dès le dépôt de la demande, afin d’éviter les délais de traitement qui peuvent asphyxier les trésoreries. Le délai de dépôt des dossiers devrait également être doublé, passant de 30 à 60 jours, pour tenir compte des difficultés d’accès aux services administratifs dans les zones touchées. Enfin, une attention particulière est portée aux salariés saisonniers : l’organisation souhaite qu’ils puissent bénéficier de l’activité partielle s’ils avaient un contrat de travail avec le même employeur l’année précédente, contre deux années actuellement. Cette mesure viserait à protéger les emplois précaires dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture, souvent les premiers frappés par les conséquences indirectes des incendies.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra arbitrer entre la nécessité de soutenir un territoire meurtri et la contrainte budgétaire. La réponse de Sébastien Lecornu sera scrutée de près par les acteurs économiques locaux, qui espèrent un signal fort pour éviter une vague de défaillances en cascade.