Ils pourront en bénéficier même s'ils n'ont pas pu commencer leur mission: les saisonniers récurrents des entreprises touchées par les incendies dans le Sud-Ouest auront bien droit au chômage partiel

Le gouvernement élargit le dispositif d’activité partielle aux saisonniers récurrents des entreprises sinistrées par les incendies dans le Sud-Ouest, y compris
Le gouvernement élargit le dispositif d’activité partielle aux saisonniers récurrents des entreprises sinistrées par les incendies dans le Sud-Ouest, y compris ceux qui n’avaient pas encore signé de contrat pour la saison. Cette annonce, faite ce vendredi par le ministre du Tourisme Serge Papin, vise à protéger les travailleurs fidèles à des établissements touchés par les mégafeux, alors que la Gironde panse encore ses plaies après neuf jours de lutte contre les flammes.
### Une mesure ciblée pour les travailleurs fidèles sans contrat
Serge Papin a précisé, sur franceinfo, que ce dispositif, initialement réservé aux saisonniers en activité, serait élargi à ceux qui n’avaient pas de contrat mais qui étaient présents l’année précédente. Concrètement, pour bénéficier de cette aide, les saisonniers devront justifier d’une présence sur les deux dernières saisons, soit l’été 2025 et l’été 2024, selon les précisions apportées par le ministre. Cette condition vise à cibler les travailleurs ayant une « fidélité aux entreprises », une notion qui exclut de fait les nouveaux arrivants sur le marché du travail saisonnier.
Le ministre a toutefois nuancé l’ampleur de cette mesure, estimant que ce cas de figure concerne un « pourcentage plutôt minoritaire » des saisonniers. « En général, ils sont embauchés pour deux mois », a-t-il expliqué, suggérant que la majorité des travailleurs concernés avaient déjà signé un contrat avant le déclenchement des incendies. Cette précision permet de cadrer les attentes, tout en reconnaissant la situation précaire de ceux qui se trouvaient dans l’attente d’une mission.
### Un contexte de crise et de réouverture progressive
Cette annonce intervient alors que le mégafeu de Gironde était « contenu » vendredi matin, après neuf jours de lutte intensive. Plus de la moitié des 224 000 personnes évacuées ont pu regagner leur domicile dans douze communes, situées du nord-ouest au sud de Bordeaux. La réouverture des zones sinistrées s’organise progressivement, et Serge Papin a indiqué que les commerces alimentaires et les restaurants devraient rouvrir d’ici « deux à quatre jours ». Cette réouverture nécessite toutefois un travail logistique important, comme l’a détaillé le ministre : « refaire l’entretien du froid, enlever les produits périmés, nettoyer parce que parfois il y a eu de la suie… Tout un travail d’intendance ». Les magasins non-alimentaires, eux, devraient pouvoir rouvrir « assez vite », selon ses déclarations.
Le cabinet du ministre avait déjà indiqué, lundi, réfléchir à une mesure de soutien pour ces saisonniers « qui vont peut-être se retrouver sans contrat ». Cette décision, confirmée ce vendredi, s’inscrit dans un plan plus large de soutien aux entreprises touchées par les incendies. Serge Papin, ancien PDG du groupement Système U, a par ailleurs souligné l’importance de la reprise rapide de l’activité économique locale, un enjeu crucial pour les communes touristiques de la région.
### Un dispositif qui interroge sur sa portée réelle
Si cette mesure apporte une réponse concrète à une situation d’urgence, elle soulève des questions sur son application pratique. Les saisonniers concernés devront en effet prouver leur présence lors des deux saisons précédentes, ce qui pourrait nécessiter la production de justificatifs auprès des employeurs ou des services de l’État. Les modalités précises de cette extension n’ont pas encore été détaillées, et il conviendra de suivre la mise en œuvre de ce dispositif dans les prochains jours. Pour les entreprises sinistrées, l’enjeu est double : préserver leur main-d’œuvre fidèle et relancer leur activité dans un contexte où la saison touristique est déjà bien entamée. La décision du gouvernement, saluée par les représentants du secteur, pourrait néanmoins servir de modèle pour d’autres régions confrontées à des aléas climatiques majeurs.