Ils pourraient être déployés sur le terrain d'ici 5 à 10 ans: la Chine accélère la transformation de ses robots humanoïdes en combattants pour un usage militaire

La Chine intensifie ses efforts pour transformer ses robots humanoïdes en machines de guerre. Selon une analyse de Reuters, fondée sur l'examen de plus de 100 a
La Chine intensifie ses efforts pour transformer ses robots humanoïdes en machines de guerre. Selon une analyse de Reuters, fondée sur l'examen de plus de 100 appels d'offres militaires, études universitaires, brevets et documents officiels, l'Armée populaire de libération (APL) multiplie les tests de ces plateformes dans des scénarios proches du combat. Un déploiement opérationnel est envisagé d'ici cinq à dix ans, selon la même source.
## Des démonstrations spectaculaires aux applications militaires
Lors des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, organisés en Chine le mois dernier, des machines ont sauté, boxé et dansé devant un public fasciné. Certaines ont même couru le 100 mètres plus vite qu'Usain Bolt, rapporte BFM Business. Ces performances, spectaculaires, illustrent les progrès rapides d'une industrie chinoise qui entend désormais convertir ces avancées civiles en capacités militaires. Deux jours seulement après la clôture de la compétition, le quotidien officiel de l'APL a publié un appel explicite : les chercheurs sont invités à accélérer le transfert des technologies de pointe vers les terrains d'entraînement militaire, en vue de préparer le déploiement de robots qualifiés de "combattants".
## Une doctrine inspirée du conflit ukrainien
Cette accélération s'inscrit dans une réflexion plus large engagée par l'état-major chinois. Reuters avait déjà rapporté que l'armée chinoise cherche à tirer les leçons de la guerre en Ukraine, où drones semi-autonomes et robots ont profondément transformé les missions de reconnaissance, d'attaque et de soutien logistique. Les documents consultés montrent que les militaires chinois testent aujourd'hui des robots humanoïdes dans des scénarios proches du combat et étudient leur emploi aux côtés des soldats. L'objectif affiché n'est pas seulement l'assistance : il s'agit aussi d'envisager une participation directe aux opérations.
## Un cadre institutionnel et politique favorable
Le soutien politique à ces programmes semble établi au plus haut niveau. Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale, a inspecté le 20 décembre 2024 la garnison de l'APL stationnée à Macao, selon une photographie diffusée par Xinhua via l'AFP. Le ministère chinois de la Défense et l'Université nationale des technologies de défense (NUDT), principal centre de recherche du pays dans ce domaine, n'ont pas répondu aux sollicitations de Reuters, précise l'agence.
## Quels usages et quelles limites ?
Les applications envisagées restent, à ce stade, encadrées par des scénarios d'entraînement. Les documents évoquent des robots évoluant aux côtés des soldats, sans que soit précisée la part d'autonomie qui leur serait accordée en situation réelle. Cette question, centrale sur le plan éthique et juridique, n'est pas tranchée publiquement. La Chine rejoint ainsi une dynamique internationale où plusieurs armées explorent le recours à des systèmes robotisés, mais l'ampleur des moyens mobilisés et la coordination entre recherche civile et besoins militaires distinguent l'approche chinoise.
La trajectoire est désormais fixée : d'ici cinq à dix ans, des robots humanoïdes pourraient quitter les podiums des compétitions pour les terrains d'opérations. Reste à savoir à quel rythme les verrous technologiques, notamment en matière d'autonomie et de robustesse en environnement dégradé, seront levés.