"Ils ont fait la pub partout de ce droit qu'ils ne sont pas fichus de respecter": submergée par 110.000 demandes, l’Assurance maladie peine à indemniser (à temps) le nouveau congé de naissance

## Un droit nouveau, des versements en retard : la difficile montée en charge du congé de naissance Entré en vigueur le 1er juillet dernier, le congé supplément
## Un droit nouveau, des versements en retard : la difficile montée en charge du congé de naissance
Entré en vigueur le 1er juillet dernier, le congé supplémentaire de naissance devait permettre aux parents de prolonger de deux mois leur absence après l'épuisement des congés maternité et paternité. Mais selon les informations rapportées par BFM Business, l'Assurance maladie, submergée par quelque 110.000 demandes, peine à verser les indemnités journalières dans les délais. Plusieurs assurés témoignent de retards de paiement, à commencer par Jonas, 37 ans, dont l'épouse attend toujours d'être indemnisée par la CPAM de Paris pour le premier mois de son congé.
## Un dispositif attractif sur le papier
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance offre à chacun des parents la possibilité de s'absenter jusqu'à deux mois de plus de son emploi pour s'occuper de son bébé. Le premier mois est indemnisé à hauteur de 70% du salaire brut, le second à 60%, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4.005 euros bruts en 2026. Le dispositif se veut nettement plus rémunérateur que le congé parental, dont l'allocation versée par la caisse des allocations familiales avoisine 450 euros par mois. Cette différence de traitement explique en partie l'engouement suscité par la mesure, mais aussi la déception de ceux qui peinent à toucher les sommes promises.
## Des retards qui s'accumulent pour les parents
Le cas de Jonas illustre la situation. Ce père de famille a fini par être indemnisé le 16 août pour le mois de juillet, après une attente d'un mois. Il patiente désormais pour les indemnités du deuxième mois, ainsi que pour celles de son épouse, qui n'a rien perçu du tout sur son compte bancaire. « C'est la cata, ils ont fait la pub partout de ce nouveau droit qu'ils ne sont pas fichus de respecter », s'indigne-t-il auprès de BFM Business. Son témoignage n'est pas isolé : plusieurs assurés se plaignent encore de retards de versements des indemnités journalières, alors que le dispositif a été largement promu par les pouvoirs publics avant son entrée en vigueur.
## L'Assurance maladie pointe des dossiers incomplets
Interrogée par BFM Business, la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam) rappelle que les indemnités journalières sont versées aux parents à terme échu, un décalage administratif qui peut expliquer une partie des délais. L'organisme rejette par ailleurs la faute sur les employeurs, évoquant des dossiers incomplets qui retardent le traitement des demandes. Cette explication laisse toutefois perplexes les parents concernés, qui estiment avoir fourni les pièces nécessaires et attendent simplement le versement des sommes auxquelles ils ont droit.
## Un enjeu de confiance pour le système
Au-delà des cas individuels, c'est la crédibilité du dispositif qui est en jeu. Un droit social largement annoncé mais difficile à faire valoir risque d'alimenter la défiance envers l'Assurance maladie et, plus largement, envers les réformes sociales. La montée en charge d'un tel dispositif, avec 110.000 demandes à traiter en quelques semaines, pose la question des moyens humains et techniques alloués par les caisses primaires. Pour les parents concernés, l'enjeu reste concret : pouvoir s'occuper de leur enfant sans craindre de ne pas être payés à temps.