«Ils ont encore des choses à cacher» : accablés par la justice, les Moretti tentent un retour aux affaires, six mois après l’incendie de Crans-Montana

# «Ils ont encore des choses à cacher» : accablés par la justice, les Moretti tentent un retour aux affaires, six mois après l’incendie de Crans-Montana Six moi
# «Ils ont encore des choses à cacher» : accablés par la justice, les Moretti tentent un retour aux affaires, six mois après l’incendie de Crans-Montana
Six mois après le drame qui a coûté la vie à 41 jeunes dans la nuit du 31 décembre 2025 à Crans-Montana, en Suisse, le couple Moretti tente de renouer avec ses activités professionnelles, tandis que de nouveaux éléments judiciaires viennent fragiliser leur défense. Selon une enquête publiée par Le Figaro le 30 juin 2026, signée Clara Hidalgo et Esther Paolini, des avocats de parties civiles réclament désormais la mise en prévention de Jacques et Jessica Moretti pour «homicide par dol éventuel», une qualification pénale particulièrement lourde.
## Des autopsies qui contredisent la défense des Moretti
Les conclusions des analyses médicales, révélées par un courrier de Me de Galembert adressé au ministère public le 3 juin 2026, apportent un éclairage nouveau sur les circonstances du décès des victimes. Le document précise notamment que «les poumons de Trystan étaient tapissés d'un matériel noirâtre granuleux», selon les résultats de l'autopsie du jeune homme de 17 ans, l'une des 41 victimes de l'incendie. Seule une poignée de corps a fait l'objet d'une autopsie, ce que les familles endeuillées ont dénoncé comme une «gestion chaotique» de la part des autorités.
Les analyses toxicologiques indiquent par ailleurs que Trystan n'avait consommé ni alcool ni stupéfiants cette nuit-là, seulement un peu de café. La cause de son décès, comme pour la plupart des autres victimes, serait une «intoxication au monoxyde de carbone». Ces éléments pourraient contredire la version avancée par la défense des Moretti, qui suggérait que certains jeunes auraient pu être sous l'influence de substances altérant leur jugement au moment du drame.
## Une qualification pénale aggravée réclamée par les parties civiles
Les avocats des familles des victimes estiment que les nouveaux éléments justifient une requalification des charges. La notion de «dol éventuel» implique que les mis en cause auraient accepté l'éventualité de causer la mort d'autrui en poursuivant leur activité malgré les risques. Selon des sources proches du dossier, cette qualification représenterait un tournant dans la procédure, les investigations ayant mis au jour des manquements répétés aux normes de sécurité dans l'établissement géré par le couple.
Les Moretti, qui n'ont pas encore été officiellement mis en prévention pour cette nouvelle qualification, continuent de clamer leur innocence. Toutefois, selon Le Figaro, les documents récemment versés au dossier «fragilisent» considérablement leur position. Les enquêteurs auraient notamment retrouvé des preuves de négligences antérieures à l'incendie, ce qui nourrit la thèse d'une responsabilité pénale aggravée.
## Une tentative de retour aux affaires jugée «indécente» par les familles
Parallèlement à l'avancée de l'enquête, Jacques et Jessica Moretti tenteraient de relancer leurs activités professionnelles, selon des informations rapportées par plusieurs médias suisses et français. Ce retour aux affaires, à peine six mois après la tragédie, suscite l'indignation des familles des victimes. «Ils ont encore des choses à cacher», aurait déclaré l'un des avocats des parties civiles, cité par Le Figaro, estimant que cette précipitation à reprendre une activité économique témoignerait d'un manque de considération pour les 41 vies perdues.
Les Moretti auraient entrepris des démarches pour obtenir de nouvelles autorisations d'exploitation, dans une région où le souvenir de l'incendie reste vif. La population locale, comme les autorités cantonales, observe avec attention ces tentatives de reconversion professionnelle. Certaines associations de victimes ont d'ores et déjà annoncé leur intention de s'opposer à toute nouvelle implantation du couple dans le secteur de l'hébergement ou de la restauration.
## Des zones d'ombre persistantes dans l'enquête
Malgré les avancées judiciaires, plusieurs zones d'ombre subsistent dans le dossier. Les familles déplorent notamment le faible nombre d'autopsies pratiquées, ce qui pourrait limiter la portée des conclusions médico-légales. Par ailleurs, la question des responsabilités au-delà du couple Moretti — notamment celle des autorités de contrôle — n'a pas encore été tranchée.
Le ministère public devrait se prononcer dans les semaines à venir sur la demande de requalification des charges. En attendant, les Moretti continuent de bénéficier de la présomption d'innocence, bien que les éléments accumulés depuis six mois paraissent, selon les observateurs, de plus en plus accablants. La procédure, suivie avec attention en Suisse comme en France, pourrait connaître un nouveau rebondissement à l'automne, lorsque les premières auditions contradictoires sont attendues.