Ils n'ont plus le choix, il faut arracher: face à la chute de 40% des ventes de Cognac depuis 2021, les producteurs ont entrepris de sacrifier 15% du vignoble

TITRE : Ils n'ont plus le choix, il faut arracher : face à la chute de 40% des ventes de Cognac depuis 2021, les producteurs ont entrepris de sacrifier 15% du v
TITRE : Ils n'ont plus le choix, il faut arracher : face à la chute de 40% des ventes de Cognac depuis 2021, les producteurs ont entrepris de sacrifier 15% du vignoble
La filière du cognac fait face à une crise sans précédent. En effet, depuis 2021, les ventes de cette boisson emblématique ont chuté de 40%, incitant l'interprofession à prendre des mesures radicales. Le 30 avril 2026, un plan d'arrachage touchant jusqu'à 15% des surfaces cultivées a été annoncé, un choix stratégique visant à revitaliser un secteur en danger.
Cette initiative, entièrement financée par des prêts bancaires, pourrait redessiner le paysage viticole de la région. Avec une estimation de 12.000 à 13.000 hectares de vignes devant être arrachés dans les années à venir, l'objectif est clair : restaurer les rendements de production. Pour chaque hectare concerné, un soutien financier de 4.500 euros est prévu, dont 3.000 euros seront versés immédiatement après l'arrachage, suivis de versements de 1.500 euros étalés sur cinq ans. L'interprofession ambitionne ainsi de retrouver l'essor d'avant la pandémie de Covid-19.
Cependant, malgré ces efforts, la situation continue de se dégrader. En 2025, une nouvelle chute de 20% des ventes a été observée, exacerbée par un contexte international difficile. Les droits de douane américains et une surtaxe imposée par la Chine pèsent lourdement sur les producteurs. Florent Morillon, président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC), a souligné : "La situation ne s'est pas améliorée. Je dirais même qu'elle s'est légèrement aggravée avec ce qui arrive dans le Golfe."
La pression sur les producteurs ne cesse d'augmenter. Actuellement, 97,5% des ventes de cognac se réalisent à l'international, générant des exportations estimées à 3 milliards d'euros. Les États-Unis et la Chine représentent des marchés cruciaux, avec des parts de 36% et 20% respectivement. Cependant, la tendance à la baisse de la consommation d'alcool, couplée à des tensions géopolitiques, complique la reprise des ventes. Le BNIC évalue le préjudice total à 500 millions d'euros.
Le plan d'arrachage, bien qu'il soit une mesure temporaire, soulève des interrogations quant à l'avenir de la filière. Les producteurs espèrent que cette stratégie permettra de rétablir les équilibres perdus et de répondre à une demande en mutation. À moyen terme, de nouvelles discussions officielles devraient être relancées pour aborder la situation, mais les perspectives demeurent incertaines.
Le 12 mai 2026, le BNIC a prévu une rencontre avec les acteurs du secteur pour envisager des solutions. Ce rendez-vous pourrait constituer un tournant dans la quête de renouveau d'une filière en pleine mutation. Les producteurs, confrontés à un défi sans précédent, espèrent ainsi trouver des voies pour redresser la situation et préparer un avenir plus serein pour le cognac.