"Ils n'étaient rien d'autre qu'un impôt caché": l'Italie désactive 20% de ses radars automatiques pour un problème de conformité

# L'Italie désactive 20% de ses radars automatiques : une décision qui secoue le pays L'Italie a suspendu temporairement près de 850 radars automatiques, soit p
# L'Italie désactive 20% de ses radars automatiques : une décision qui secoue le pays
L'Italie a suspendu temporairement près de 850 radars automatiques, soit plus de 20% de son parc, en raison d'un défaut de conformité aux nouvelles règles d'homologation entrées en vigueur dimanche. Cette décision du gouvernement italien, annoncée par le ministère des Infrastructures et des Transports, intervient après des années de vide juridique et une décision de la Cour de Cassation en 2024 qui avait déjà fragilisé la validité des contraventions émises par ces appareils.
## Un vide juridique de plusieurs décennies
Depuis 1992, le Code de la route italien exigeait que les radars soient homologués, mais aucun décret d'application n'avait jamais été pris en ce sens. Cette lacune réglementaire a perduré pendant plus de trente ans, créant une situation où les collectivités locales pouvaient installer des radars sans garantie de conformité légale. En 2024, la Cour de Cassation italienne a mis un terme à cette ambiguïté en confirmant que les sanctions infligées suite à des contrôles radar étaient nulles si ces appareils avaient été seulement "approuvés" par l'administration mais non testés et "homologués". Cette jurisprudence a provoqué une vague de contestations et d'annulations de contraventions à travers tout le pays.
## Des critères techniques stricts désormais exigés
Le nouveau décret ministériel impose désormais des conditions précises pour qu'un radar soit considéré comme conforme. Les appareils doivent non seulement flouter les visages des conducteurs et passagers des voitures, mais aussi présenter une marge d'erreur inférieure à 3% au-dessus de 100 km/h. Environ 3.150 "autovelox" ont été jugés conformes à ces nouvelles exigences et continueront à flasher les automobilistes sur les routes italiennes. Les producteurs des 850 radars suspendus devront demander leur homologation dans les prochains mois, a précisé le ministère lundi à l'AFP.
## Une déclaration politique qui fait débat
Le ministre des Transports Matteo Salvini n'a pas caché sa satisfaction face à cette décision. "Assez des radars fantômes, qui n'étaient rien d'autre qu'un impôt caché pour des millions de travailleurs et n'avaient rien à voir avec la sécurité routière", a-t-il lancé sur X. Cette déclaration a immédiatement suscité des réactions contrastées. Le collectif d'associations de consommateurs Codacons a estimé que "cette mesure arrive avec un énorme retard", dénonçant le fait que le statu quo avait conduit "les collectivités à éteindre" des dispositifs qui servaient avant tout à générer des recettes.
## Des conséquences financières et pratiques
La suspension de ces radars soulève plusieurs questions. D'un point de vue financier, les collectivités locales qui dépendent des amendes pour équilibrer leur budget pourraient subir un manque à gagner significatif. Sur le plan de la sécurité routière, des études italiennes ont montré que certains radars étaient placés dans des zones où leur efficacité préventive était contestable, tandis que d'autres se trouvaient sur des tronçons accidentogènes. Le gouvernement devra désormais arbitrer entre la nécessité de garantir la légalité des contrôles et celle de maintenir une pression dissuasive sur les conducteurs.
Cette affaire met en lumière les difficultés de régulation d'un système qui, en l'absence de cadre juridique clair, a pu être détourné de son objectif initial de sécurité routière. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si les 850 radars suspendus pourront reprendre du service ou si leur retrait définitif s'imposera, modifiant en profondeur le paysage des contrôles routiers en Italie.