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«Ils m’envoyaient des propositions sans aucun rapport avec ma recherche» : ces demandeurs d’emploi qui décident de se passer de France Travail

Une · · Par Claire BERNARD

«Ils m’envoyaient des propositions sans aucun rapport avec ma recherche» : ces demandeurs d’emploi qui décident de se passer de France Travail

Des chômeurs tournent le dos à France Travail, lassés par un accompagnement jugé inadapté Dans un contexte de chômage toujours élevé, une partie croissante des

Des chômeurs tournent le dos à France Travail, lassés par un accompagnement jugé inadapté

Dans un contexte de chômage toujours élevé, une partie croissante des demandeurs d’emploi semble remettre en question l’efficacité du dispositif public d’accompagnement. Selon les informations rapportées par Le Figaro, certains inscrits, comme Sébastien, un ingénieur en génie civil, choisissent de se désinscrire de France Travail, préférant une recherche d’emploi en solitaire plutôt que de subir des propositions qu’ils jugent hors de propos. Une étude du Centre de l’étude de l’emploi et du travail (CEET), publiée début juillet, viendrait étayer ce sentiment de décalage entre l’institution et les besoins réels des personnes accompagnées.

Un sentiment de déconnexion entre les offres et les profils

Le témoignage de Sébastien, rapporté par Le Figaro, illustre une frustration partagée par d’autres demandeurs d’emploi. Après un licenciement économique, cet ingénieur s’était inscrit à France Travail, espérant un accompagnement sur mesure. Un premier rendez-vous avec un conseiller lui avait permis de définir ses priorités, notamment des formations complémentaires et une recherche ciblée d’entreprises. Cependant, cette phase initiale de coopération a rapidement laissé place à une expérience jugée contre-productive. « Tout allait bien jusqu’à ce que je me fasse bombarder de messages », raconte-t-il au quotidien. Il explique avoir reçu des propositions de rendez-vous et des convocations à des ateliers « sans aucun rapport avec ma recherche », et ce, alors même qu’il était inscrit comme demandeur d’emploi « autonome ». Ce décalage entre le statut déclaré et les sollicitations reçues serait au cœur du malaise.

La décision radicale de se désinscrire

Face à cette situation, le trentenaire a pris une décision radicale à la mi-juin : se désinscrire de France Travail. « J’ai simplement décidé que je pouvais me débrouiller tout seul pour trouver quelque chose », a-t-il avancé. Cette décision, loin d’être anodine, implique de renoncer aux allocations chômage. Sébastien se donne trois mois pour vivre sur ses économies, un pari risqué dans un marché du travail qui reste tendu. Son cas, bien que personnel, pourrait refléter une tendance plus large. Le Figaro précise que France Travail compte aujourd’hui 5,8 millions d’inscrits tenus de rechercher un emploi. Le geste de Sébastien interroge sur la capacité de l’organisme à s’adapter à des profils très spécifiques, notamment ceux de cadres ou de professions très techniques, pour lesquels les offres génériques seraient perçues comme une perte de temps.

Les limites d’un système standardisé

L’étude du CEET, citée par Le Figaro, viendrait objectiver ce sentiment de déconnexion. En pointant un « décalage » entre l’établissement public et les personnes accompagnées, elle suggère que le système de matching entre offres et profils pourrait montrer ses limites. Pour les demandeurs d’emploi les plus qualifiés ou ceux ayant des projets professionnels très ciblés, la logique de « guichet unique » et de propositions automatisées semblerait inefficace, voire contre-productive. Cette situation soulève des questions sur l’équilibre entre le contrôle des chômeurs et la qualité de l’accompagnement. Alors que le gouvernement mise sur le plein-emploi, ces désertions volontaires pourraient constituer un signal d’alerte sur la nécessité de personnaliser davantage le suivi, sous peine de voir une partie des inscrits, comme Sébastien, choisir la sortie par la porte de service, quitte à en payer le prix fort.