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« Ils sont invirables et se considèrent comme les propriétaires de la radio » : ces salariés de France Inter qui mettent la pression sur la direction pour interdire un chroniqueur de droite

Une · · Par Claire BERNARD

« Ils sont invirables et se considèrent comme les propriétaires de la radio » : ces salariés de France Inter qui mettent la pression sur la direction pour interdire un chroniqueur de droite

La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a pris la parole jeudi soir lors de la conférence de rentrée du groupe pour défendre le maintien de Charles Sapin, d

La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a pris la parole jeudi soir lors de la conférence de rentrée du groupe pour défendre le maintien de Charles Sapin, directeur adjoint de *Valeurs actuelles*, sur les ondes de France Inter. Face à une fronde interne menée par plusieurs syndicats, qui ont déposé un préavis de grève pour le dimanche 13 et le lundi 14 septembre, la dirigeante a tenté d'apaiser les tensions sans jamais prononcer le nom de l'éditorialiste concerné. ## Une pression interne croissante sur la direction Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, la situation serait particulièrement tendue au sein de la station publique. Des salariés de France Inter, décrits comme « invirables » et se considérant comme « les propriétaires de la radio », exerceraient une pression significative sur la direction pour obtenir l'éviction du chroniqueur issu de la presse d'opinion de droite. Cette mobilisation interne s'inscrirait dans un contexte plus large de contestation, faute d'avoir obtenu satisfaction sur d'autres revendications. Le préavis de grève déposé pour les 13 et 14 septembre prochains témoignerait de la détermination des syndicats de Radio France. Ces derniers n'auraient pas réussi à obtenir la tête de l'éditorialiste par les canaux habituels de dialogue social, et auraient donc opté pour une action plus visible. Cette démarche intervient alors que la rentrée radiophonique s'annonçait déjà sous le signe de la controverse, avec plusieurs débats internes sur la ligne éditoriale de la station. ## La position défendue par Sibyle Veil Lors de son intervention, Sibyle Veil aurait adopté une position de fermeté mesurée, plaidant pour le maintien du chroniqueur sur les ondes. « Un groupe de radio, ça ne se dirige pas en cochant des noms sur une liste », aurait-elle déclaré, selon des propos rapportés par nos confrères du *Figaro*. La présidente du groupe aurait également évoqué les personnalités dont la présence a pu être contestée par le passé, citant notamment Patrick Cohen, Sophia Aram et Alain Finkielkraut, pour illustrer la récurrence de ce type de pressions. La dirigeante aurait par ailleurs assuré que si le groupe avait pu, par le passé, se séparer de certaines personnalités pour des décisions jugées justes, cela ne s'était jamais fait « sous pression extérieure ». Elle aurait prôné une « maison ouverte, indépendante et impartiale », usant d'une métaphore culinaire pour illustrer son propos : « C'est comme ces dîners du samedi soir. Il y a toujours quelqu'un pour vous dire : "Si untel vient, je ne viens pas." Finalement, tout le monde vient, et on finit par passer tous une excellente soirée. » ## Un contexte de rentrée électrique Cette controverse s'ajouterait à une série d'incidents ayant marqué la rentrée de France Inter. Des dérapages d'humoristes et une fronde contre un éditorialiste auraient déjà émaillé les premières semaines de diffusion, créant un climat particulièrement chargé au sein de la rédaction. La situation semblerait refléter des tensions plus profondes sur l'identité éditoriale de la station publique, tiraillée entre différentes sensibilités politiques. Les syndicats, de leur côté, maintiendraient leurs revendications, estimant que la présence d'un chroniqueur issu de *Valeurs actuelles* serait incompatible avec la ligne éditoriale de France Inter. Cette opposition frontale entre une partie du personnel et la direction pourrait avoir des répercussions sur la programmation de la grève, dont l'ampleur reste à déterminer. La direction du groupe n'aurait, à ce stade, pas officiellement réagi au dépôt du préavis, laissant planer une incertitude sur l'évolution de ce conflit social aux résonances politiques.