Ils étaient interdits depuis plus de 30 ans : le Parlement européen approuve une nouvelle génération controversée d’OGM "non transgéniques"

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Le Parlement européen a donné son feu vert, mercredi 17 juin, à l’autorisation de nouvelles techniques génomiques (NGT) dans le secteur agricole, une décision qui marque un tournant réglementaire après plus de trente ans d’interdiction stricte. Ces méthodes, présentées comme une avancée pour renforcer la résistance des cultures face à la sécheresse ou aux maladies, suscitent toutefois de vives inquiétudes parmi les associations environnementales et une partie de la communauté scientifique.
## Un cadre réglementaire assoupli pour les NGT
Selon des informations rapportées par Midi Libre, le Parlement européen a adopté une proposition visant à assouplir les règles applicables aux plantes obtenues par mutagenèse dirigée et cisgenèse, deux catégories de NGT. Contrairement aux OGM transgéniques classiques, qui impliquent l’introduction de gènes d’espèces différentes, les NGT se limitent à des modifications ciblées du génome d’une même espèce ou d’espèces sexuellement compatibles. Les eurodéputés ont ainsi décidé de classer ces plantes en deux catégories : les NGT de type 1, considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles, et les NGT de type 2, soumises à des règles plus strictes, notamment en matière d’étiquetage et de traçabilité.
Cette décision intervient dans un contexte où la Commission européenne plaide depuis plusieurs années pour une modernisation du cadre juridique, estimant que les règles actuelles, datant de 2001, ne sont plus adaptées aux avancées technologiques. Les partisans de cette réforme, parmi lesquels figurent de nombreux groupes industriels et une partie des syndicats agricoles, mettent en avant le potentiel des NGT pour répondre aux défis du changement climatique. « Ces techniques pourraient permettre de développer des cultures nécessitant moins d’eau et de pesticides », a souligné un rapport préparatoire de la Commission, cité par Midi Libre.
## Des critiques persistantes sur les risques sanitaires et environnementaux
Cependant, cette approbation parlementaire ne fait pas l’unanimité. Les organisations écologistes, telles que Greenpeace et Friends of the Earth Europe, dénoncent une décision « précipitée » qui ouvre la voie à une nouvelle génération d’OGM sans évaluation suffisante des risques. « Les NGT ne sont pas aussi sûres qu’on le prétend. Les modifications génétiques ciblées peuvent avoir des effets non intentionnels sur l’écosystème et la santé humaine », a averti une porte-parole de Greenpeace, dans des déclarations relayées par Midi Libre.
Par ailleurs, des scientifiques indépendants ont exprimé leurs réserves. Un collectif de chercheurs, dans une lettre ouverte publiée avant le vote, avait souligné que « la distinction entre NGT et OGM transgéniques est floue » et que les études d’impact à long terme font défaut. Ils pointent notamment le risque de dissémination de ces plantes dans l’environnement, sans possibilité de retour en arrière. En France, plusieurs associations de consommateurs et agriculteurs biologiques ont également manifesté leur opposition, craignant une contamination des cultures bio et une perte de confiance des consommateurs.
## Un processus législatif encore en cours
Il convient de noter que le vote du Parlement européen ne constitue qu’une étape dans le processus législatif. La proposition doit encore être examinée par le Conseil de l’Union européenne, qui représente les États membres, avant d’être définitivement adoptée. Selon Midi Libre, les négociations s’annoncent tendues, plusieurs pays, dont l’Autriche et la Hongrie, ayant déjà fait part de leur opposition à tout assouplissement des règles. À l’inverse, des États comme l’Espagne et les Pays-Bas, où la recherche en biotechnologie végétale est très développée, plaident pour une adoption rapide.
Les prochains mois seront donc décisifs pour déterminer si l’Europe embrasse pleinement cette nouvelle génération de techniques génomiques ou si elle maintient une approche prudente, comme elle l’a fait depuis les années 1990. En attendant, le débat sur la place des OGM dans l’agriculture européenne reste plus que jamais d’actualité, entre promesses technologiques et préoccupations sociétales.