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Ils dénoncent "une dégradation continue" des conditions de travail: préavis de grève des hôtesses et stewards du 7 août au 2 septembre

Economie · · Par Julie MOREAU

Ils dénoncent

Le mouvement social se profile dans le ciel français. Trois syndicats représentant les hôtesses et stewards d'EasyJet France ont déposé un préavis de grève couv

Le mouvement social se profile dans le ciel français. Trois syndicats représentant les hôtesses et stewards d'EasyJet France ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 7 août au 2 septembre, dénonçant une "dégradation continue" de leurs conditions de travail. L'information, révélée dans un communiqué commun publié ce mardi 4 août, intervient en pleine période estivale, au moment où la compagnie à bas prix affiche l'un de ses plus forts taux de remplissage de l'année. ### Un préavis ouvert pour des "dates clés" de mobilisation Le préavis déposé par le SNPNC-FO, l'UNAC-CFE-CGC et l'UNPNC-CFDT est volontairement large. "Le préavis est volontairement ouvert afin de couvrir l'ensemble de la période", précisent les organisations syndicales dans leur texte commun. Cette stratégie vise à maintenir une pression constante sur la direction, tout en laissant planer le suspense sur les journées effectives de débrayage. Les syndicats indiquent que des "dates clés" de mobilisation seront communiquées "48 heures à l'avance", un délai qui complique l'organisation des vols pour la compagnie et réduit les marges de manœuvre opérationnelles. Ce choix tactique intervient après plusieurs mois de tensions latentes entre le personnel navigant commercial (PNC) et la direction française de la filiale. Les syndicats affirment alerter la direction "depuis près d'un an" sur les difficultés rencontrées par les salariés en cabine, sans obtenir de réponses "concrètes et engageantes". La période couverte par le préavis, qui s'étend sur près de quatre semaines, englobe les deux principaux chassés-croisés de l'été, traditionnellement les plus chargés en termes de trafic. ### Des revendications centrées sur les plannings et les rotations Le cœur du malaise exprimé par les organisations syndicales réside dans l'organisation du travail. Elles dénoncent pêle-mêle "l'instabilité chronique des plannings", les "changements de dernière minute" et les "trippings imposés" — ces enchaînements de vols sur plusieurs jours qui éloignent les équipages de leur base de résidence. Les "rotations particulièrement pénalisantes" sont également pointées du doigt, tout comme "l'absence totale de mesures protectrices" pour les salariés. Ces revendications ne sont pas nouvelles dans le secteur du transport aérien, mais elles prennent une acuité particulière chez EasyJet France, où le modèle low-cost impose une optimisation constante des rotations des appareils et des équipages. Les syndicats estiment que cette optimisation se fait au détriment de la qualité de vie au travail des personnels navigants commerciaux, qui subissent des journées longues et des changements de programme imprévisibles. La direction d'EasyJet France n'a pas encore réagi publiquement à ce préavis. Le précédent mouvement social, organisé pour la journée du lundi de Pâques en avril dernier, avait eu des conséquences "très limitées" sur le trafic aérien, selon les observateurs. Ce précédent pourrait inciter la direction à adopter une position ferme, même si l'ampleur du préavis actuel, couvrant une période bien plus longue, change la donne. ### Un enjeu majeur pour la compagnie sur son deuxième marché La France représente un enjeu stratégique considérable pour EasyJet. Deuxième compagnie aérienne en France en nombre de passagers derrière Air France, la compagnie britannique opère principalement sur le court et moyen-courrier. Elle s'appuie sur plusieurs milliers de salariés dans l'Hexagone, dont une part importante de personnels navigants commerciaux répartis sur des bases à Paris, Lyon, Nice et d'autres villes françaises. Chaque année, la compagnie transporte des millions de passagers au départ et à destination de la France, faisant de l'Hexagone l'un de ses principaux marchés en Europe continentale. Un mouvement social prolongé pendant la période la plus critique de l'année pourrait donc avoir des répercussions financières non négligeables, alors que la compagnie cherche à consolider sa position face à une concurrence accrue sur les liaisons européennes. Les prochains jours seront décisifs : les syndicats doivent communiquer leurs premières "dates clés" de mobilisation dans les 48 heures précédant le début du préavis. D'ici là, les négociations avec la direction pourraient encore aboutir à un apaisement, mais le ton employé dans le communiqué commun suggère une détermination certaine des représentants du personnel.