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Ils sont capables de réaliser "en deux semaines" ce qui prendrait "deux ans" en France: dans la course à l'électrification, les patrons d'EDF et Totalenergies appellent à travailler "avec les Chinois"

Economie · · Par Julie MOREAU

Ils sont capables de réaliser

# Nucléaire et électricité : les patrons d'EDF et TotalEnergies plaident pour une collaboration avec la Chine Les PDG d'EDF et de TotalEnergies ont estimé, ce s

# Nucléaire et électricité : les patrons d'EDF et TotalEnergies plaident pour une collaboration avec la Chine Les PDG d'EDF et de TotalEnergies ont estimé, ce samedi 4 juillet lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, qu'il serait nécessaire de travailler avec les industriels chinois dans le cadre de la course à l'électrification décarbonée. Une déclaration qui intervient alors que la France cherche à accélérer sa transition énergétique face à des délais de réalisation jugés beaucoup trop longs sur son territoire. ## Une différence de vitesse d'exécution "impressionnante" Lors d'une table ronde organisée durant cet événement, Bernard Fontana, PDG d'EDF, a partagé son expérience lors d'un récent déplacement en Chine. Il a souligné l'existence d'un "partenariat ancien" avec "nos amis chinois", tout en témoignant de l'efficacité redoutable de l'industrie nucléaire chinoise. Selon ses observations, les ingénieurs chinois seraient capables de réaliser "en deux semaines" ce qui prendrait "deux ans" en France, sur un site qui, à l'origine, avait été bâti avec l'aide des firmes françaises. "L'aide qu'ils nous apportent, elle est méthodologique et ils le font avec plaisir, mais ça ne crée pas une dépendance. On voit que les enjeux sont à notre portée et il faut aller les chercher", a-t-il affirmé. De son côté, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a renchéri en qualifiant la capacité d'exécution chinoise d'"impressionnante". Il a évoqué sa propre visite récente en Chine, expliquant avoir "essayé de comprendre comment ils arrivent à construire un réacteur par mois en ce moment, des usines absolument neuves en deux ans". Selon lui, "il y a une vraie différence entre les deux écosystèmes". ## Un écart réglementaire et industriel majeur Le dirigeant de TotalEnergies a pointé du doigt le principal frein hexagonal : la réglementation et les procédures d'autorisation. "En Chine, quand ils veulent construire une usine nouvelle, ça y est, deux ans, ça y va, la zone industrielle est libérée et on construit", a-t-il lancé. Ce constat met en lumière un contraste saisissant avec la lourdeur administrative française, où les procédures de "permiting" (licences, autorisations) peuvent s'étendre sur plusieurs années, freinant considérablement le déploiement des infrastructures énergétiques. Cette différence de temporalité interroge directement la capacité de la France à tenir ses objectifs climatiques. Alors que le pays ambitionne de réduire ses émissions de CO2 et d'accélérer l'électrification de son économie, les délais de réalisation des projets nucléaires et industriels constituent un obstacle majeur, reconnu désormais au plus haut niveau des entreprises concernées. ## "Travailler avec les Chinois, mais à nos conditions" Malgré cette admiration pour l'efficacité chinoise, les deux patrons restent prudents sur les modalités de cette collaboration. "Je pense que maintenant il faut qu'on leur dise de venir, mais à nos conditions. Moi, je n'ai pas peur des Chinois. Je pense que l'Europe, c'est...", a déclaré Patrick Pouyanné, sans terminer sa phrase, laissant entendre que l'Europe doit conserver la maîtrise de son cadre réglementaire et industriel. Ce positionnement reflète une tension croissante au sein de l'industrie européenne : comment bénéficier du savoir-faire et de la rapidité d'exécution chinois sans créer une dépendance stratégique ? La question est d'autant plus sensible dans le secteur nucléaire, où la souveraineté énergétique et les enjeux de sécurité sont prépondérants. ## Un appel à la réflexion pour l'industrie française Les propos tenus à Aix-en-Provence constituent un signal fort adressé aux pouvoirs publics et aux industriels français. En reconnaissant explicitement le retard pris dans l'exécution des projets, Bernard Fontana et Patrick Pouyanné appellent à une remise en question des méthodes et des réglementations hexagonales. La collaboration avec la Chine, si elle est encadrée, pourrait offrir une bouffée d'oxygène dans la course à l'électrification décarbonée. Reste à savoir si cet appel sera entendu et traduit en actes concrets. La France, qui mise sur le nucléaire et les énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, devra trouver un équilibre entre ouverture internationale et protection de ses intérêts stratégiques. Une équation d'autant plus complexe que le contexte géopolitique mondial, marqué par des tensions commerciales croissantes, ne facilite pas les rapprochements industriels.