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«Il y a un vrai risque de squats et de cambriolages» : pourquoi l’affaire du vol des données de 48 millions de propriétaires est un scandale

Une · · Par Claire BERNARD

«Il y a un vrai risque de squats et de cambriolages» : pourquoi l’affaire du vol des données de 48 millions de propriétaires est un scandale

DÉCRYPTAGE - Les données de millions de propriétaires immobiliers ont été subtilisées fin août depuis le site de l'État «Zéro logement vacant». Dans l'absolu, c

DÉCRYPTAGE - Les données de millions de propriétaires immobiliers ont été subtilisées fin août depuis le site de l'État «Zéro logement vacant». Dans l'absolu, ce piratage de très grande ampleur les expose à des risques importants. Mais le ministère du Logement garde le silence sur ce dossier explosif. ## Une fuite de données sans précédent Selon les informations rapportées par Le Figaro, les données personnelles de 48 millions de propriétaires immobiliers auraient été dérobées fin août lors d'une intrusion informatique visant la plateforme gouvernementale « Zéro logement vacant ». Cette base de données, gérée par le ministère du Logement, recense les biens inoccupés sur l'ensemble du territoire français. D'après des sources proches du dossier, la nature même des informations subtilisées — identités, adresses précises, statuts d'occupation — constituerait un danger particulièrement sérieux pour les personnes concernées. Le volume de victimes potentielles, équivalent à près des deux tiers de la population française, place cet incident parmi les plus importants piratages de données publiques jamais enregistrés dans le pays. ## Des risques concrets de squats et de cambriolages Selon plusieurs experts en cybersécurité cités par Le Figaro, la fuite de ces données pourrait faciliter des actes malveillants ciblés. « Il y a un vrai risque de squats et de cambriolages », aurait confié une source au quotidien. En effet, un logement identifié comme vacant dans les fichiers de l'État devient une cible potentielle pour des réseaux spécialisés dans l'occupation illégale ou les vols par effraction. Par ailleurs, la combinaison d'adresses précises et d'informations sur la propriété permettrait aux malfaiteurs de cibler des résidences secondaires ou des biens inoccupés pendant de longues périodes, notamment en zones rurales ou périurbaines. Cette vulnérabilité accrue s'ajoute aux risques classiques d'usurpation d'identité et d'hameçonnage. ## Un silence gouvernemental qui interroge Toutefois, le ministère du Logement n'aurait pas communiqué officiellement sur l'ampleur exacte de la brèche ni sur les mesures prises pour protéger les propriétaires concernés. Ce mutisme, selon plusieurs observateurs, pourrait s'expliquer par la sensibilité politique du dossier. Le site « Zéro logement vacant », lancé pour identifier les biens inoccupés et lutter contre la vacance résidentielle, s'inscrit dans une politique publique de plus en plus scrutée. La révélation de cette faille de sécurité majeure, survenue fin août, n'aurait été rendue publique que plusieurs semaines plus tard, ce qui pourrait alimenter les critiques sur la gestion des données personnelles par l'administration. ## Un enjeu de confiance envers les plateformes publiques Cette affaire intervient dans un contexte où la numérisation croissante des services publics expose des volumes inédits de données sensibles. D'après des rapports récents de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), les attaques contre les infrastructures étatiques se multiplient depuis plusieurs années. Le cas de « Zéro logement vacant » illustrerait ainsi une vulnérabilité structurelle des plateformes administratives, dont la sécurisation semblerait encore insuffisante face à des acteurs malveillants de plus en plus sophistiqués. Les propriétaires concernés, eux, restent dans l'attente d'informations officielles sur les démarches à entreprendre pour se protéger. La question de la responsabilité de l'État dans la protection des données personnelles des citoyens pourrait devenir un enjeu politique majeur dans les mois à venir, d'autant plus que les conséquences concrètes de cette fuite restent, à ce stade, difficiles à mesurer.