Il voulait chasser les pesticides et les lobbies mais Trump a dit "non": le controversé ministre Robert Kennedy voit ses soutiens vanter... le modèle européen

## Make America Healthy Again : le mouvement de Robert Kennedy Jr. face aux arbitrages de Donald Trump Le mouvement Make America Healthy Again (MAHA), porté par
## Make America Healthy Again : le mouvement de Robert Kennedy Jr. face aux arbitrages de Donald Trump
Le mouvement Make America Healthy Again (MAHA), porté par le secrétaire à la Santé Robert Kennedy Jr., tient ce mardi à Washington son deuxième grand sommet. Deux ans après la campagne présidentielle de 2024, une partie de ses militants estime toutefois que les promesses formulées alors n'ont pas été tenues, rapporte BFM Business. Fait notable : certains soutiens de ce mouvement, qui se voulait le volet santé du trumpisme, se tournent désormais vers le modèle réglementaire européen.
## Des promesses ambitieuses restées en suspens
Lors de la campagne de 2024, Robert Kennedy Jr. promettait de "révolutionner la santé des Américains". Il dénonçait alors des agences publiques devenues, selon lui, "les marionnettes des industries qu'elles sont censées réguler". Son programme prévoyait de remplacer les responsables jugés "sous l'influence de l'industrie", d'éliminer de l'alimentation américaine "les additifs toxiques et les résidus de pesticides", et de soutenir le recours aux médecines alternatives. L'objectif affiché était clair : "faire en sorte que l'Amérique redevienne la nation la plus saine au monde". Deux ans plus tard, le constat d'une partie de la base MAHA est nettement plus mitigé, les arbitrages présidentiels ayant freiné plusieurs de ces ambitions.
## Le glyphosate, symbole des désillusions
Le glyphosate incarne à lui seul cette désillusion. Ce dossier constitue l'un des combats fondateurs du mouvement : Robert Kennedy Jr. avait lui-même attaqué Monsanto du temps où il exerçait comme avocat. Or, le 18 février dernier, Donald Trump a signé un décret mobilisant le Defense Production Act, un texte permettant au président américain de sécuriser la production de biens jugés essentiels à la sécurité nationale. Ce décret vise notamment à garantir aux États-Unis un approvisionnement suffisant en phosphore élémentaire et en herbicides à base de glyphosate. La Maison-Blanche présente explicitement ce dispositif comme un enjeu de souveraineté industrielle et agricole, une justification qui entre en contradiction frontale avec les engagements affichés par le secrétaire à la Santé.
## L'Union européenne érigée en contre-modèle
Face à ces arbitrages, une partie des soutiens de MAHA vanterait désormais le modèle européen, selon BFM Business. La réglementation de l'Union européenne est en effet réputée plus restrictive sur plusieurs fronts : additifs alimentaires, résidus de pesticides, principe de précaution. Ce basculement rhétorique est significatif : un mouvement né dans le sillage de MAGA, historiquement méfiant envers les cadres réglementaires supranationaux, invoque aujourd'hui Bruxelles comme référence en matière de santé publique. Il traduit surtout une forme de désenchantement à l'égard de la capacité de l'administration américaine à tenir ses promesses en la matière.
## Un rendez-vous sous tension
Le sommet de ce mardi à Washington s'annonce donc délicat pour Robert Kennedy Jr. et ses équipes. Il s'agit à la fois de mobiliser une base qui doute, de réaffirmer les priorités du mouvement et de composer avec les contraintes imposées par la Maison-Blanche. Le décalage entre le discours de 2024 et les décisions signées depuis, à commencer par celle du 18 février sur le glyphosate, risque d'être au cœur des discussions. Reste à savoir si cette tension entre ambition sanitaire et impératifs économiques et stratégiques se résorbera, ou si elle continuera de nourrir la fracture au sein même de la coalition présidentielle.