«Il est probable que la fin soit triste pour le groupe» : grandeur et décadence de la prestigieuse maison de champagne Pommery

# «Il est probable que la fin soit triste pour le groupe» : grandeur et décadence de la prestigieuse maison de champagne Pommery Le groupe champenois Vranken-Po
# «Il est probable que la fin soit triste pour le groupe» : grandeur et décadence de la prestigieuse maison de champagne Pommery
Le groupe champenois Vranken-Pommery, renommé en janvier dernier Pommery & Associés, se trouve au bord du précipice. Sous le poids d'un endettement excessif, l'emblématique maison rémoise pourrait passer sous pavillon allemand, mettant un terme à près de cinquante ans d'une aventure entrepreneuriale débutée en 1976. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, le groupe vient d'annoncer un projet de rapprochement avec le spécialiste allemand des vins effervescents, Henkell, des négociations exclusives ayant été engagées début juin pour une prise de participation majoritaire.
## Un endettement devenu insoutenable
L'incapacité du groupe à rembourser une échéance obligataire de 45 millions d'euros constitue le point de rupture. D'après des sources proches du dossier, cette situation financière critique aurait contraint Paul-François Vranken, le fondateur et troisième négociant champenois derrière LMVH et Pernod Ricard, à envisager une cession de son groupe. « S'ils en arrivent là, c'est qu'ils sont vraiment aux abois », aurait confié un observateur du secteur au journal, soulignant la gravité de la situation pour une maison qui écoule entre 18 et 20 millions de bouteilles par an.
La crise qui frappe la viticulture depuis plusieurs années aurait jusqu'ici épargné le plus prestigieux des vignobles français. Cependant, selon des analyses économiques, l'endettement accumulé par le groupe rémois serait devenu structurellement insoutenable, rendant inévitable une restructuration majeure. Les difficultés financières de Pommery & Associés illustreraient ainsi les fragilités d'un modèle de croissance reposant sur un levier d'endettement important.
## Une aventure entrepreneuriale de cinquante ans
Le groupe est né en 1976 de la volonté de l'homme d'affaires d'origine belge Paul-François Vranken de créer une marque de champagne à son nom. Selon *Le Figaro*, cette success-story champenoise aurait connu une ascension remarquable, bâtie sur une stratégie d'acquisitions et de développement commercial ambitieux. La maison Pommery, fondée en 1836, avait été rachetée par le groupe Vranken en 2002, consolidant ainsi la position du négociant sur le marché du champagne de prestige.
Cependant, ce modèle expansionniste aurait montré ses limites face à un contexte économique défavorable. La hausse des coûts de production, la baisse de la consommation dans certains marchés clés et les difficultés d'accès au crédit auraient progressivement fragilisé l'édifice. Le choc serait d'autant plus violent que le secteur champenois, habituellement préservé des crises viticoles, traverserait une période particulièrement délicate.
## Des négociations sous haute tension
Les discussions exclusives engagées avec Henkell, spécialiste allemand des vins effervescents, porteraient sur une prise de participation majoritaire. Selon des sources gouvernementales, ce rapprochement pourrait permettre de sauver une partie des emplois et de préserver l'outil de production, mais à quel prix ? La cession à un acteur allemand susciterait des inquiétudes quant à la préservation du savoir-faire champenois et de l'identité de la marque.
« Il est probable que la fin soit triste pour le groupe », aurait confié un proche du dossier, cité par *Le Figaro*. Cette perspective assombrirait l'horizon des quelque 500 salariés du groupe, sans compter les viticulteurs partenaires qui dépendent des commandes de la maison. Les syndicats, contactés par la rédaction, n'ont pas encore officiellement réagi à l'annonce de ces négociations.
## Vers un dénouement incertain
L'avenir de Pommery & Associés se jouerait dans les prochaines semaines, les discussions devant aboutir à un accord définitif avant la fin de l'été. Si le rapprochement avec Henkell se concrétise, ce serait la première fois qu'un grand nom du champagne français passerait sous contrôle allemand, un scénario qui interroge sur la capacité de la filière à préserver son indépendance face aux appétits étrangers.
La situation de la maison rémoise illustrerait les mutations profondes que traverse le secteur viticole français, confronté à des défis économiques, climatiques et concurrentiels inédits. Le sort de cette institution champenoise, symbole d'un certain art de vivre français, pourrait bien préfigurer les transformations à venir dans un univers où les équilibres traditionnels semblent vaciller.