Il a passé quatre jours dans la nature : le soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie a réussi à s’évader

Le caporal colombien de la Légion étrangère française, José Olger Melo Charry, enlevé le 6 août dernier dans le sud-ouest de la Colombie par des dissidents des
Le caporal colombien de la Légion étrangère française, José Olger Melo Charry, enlevé le 6 août dernier dans le sud-ouest de la Colombie par des dissidents des ex-FARC, est parvenu à s'échapper après plusieurs jours de captivité. Selon des informations rapportées par le journal colombien El Tiempo, relayées par Le Figaro avec l'AFP le 7 septembre 2026, le militaire a rejoint par ses propres moyens un poste de police après avoir passé quatre jours dans la nature.
## Une évasion au terme de quatre jours d'errance
José Olger Melo Charry, caporal en permission au moment des faits, avait été pris en otage le 6 août dans le département de Nariño, une région frontalière de l'Équateur connue pour la présence de groupes armés illégaux. D'après les éléments communiqués par El Tiempo, le légionnaire est parvenu à s'échapper de ses ravisseurs avant d'atteindre un poste de police dans la soirée de samedi. Il aurait ainsi erré pendant quatre jours dans une zone rurale et boisée avant de trouver refuge auprès des forces de l'ordre locales.
Dimanche matin, selon le quotidien colombien, le soldat a été « héliporté d'El Ejido à Pasto », la capitale départementale, afin d'y recevoir les premiers soins et d'être entendu par les autorités. Les circonstances précises de son évasion n'avaient pas encore été officiellement détaillées au moment de la publication des informations, mais le scénario d'une fuite opportuniste durant un transfert ou un moment d'inattention de ses geôliers semblerait privilégié par les enquêteurs.
## Un enlèvement qui avait suscité une vive inquiétude
La disparition du caporal avait été rendue publique quelques jours après son enlèvement, provoquant une onde de choc au sein de la communauté militaire française. Le ministère des Armées avait alors confirmé l'incident sans divulguer l'identité du soldat, tandis que les autorités colombiennes avaient lancé des opérations de recherche dans la région de Nariño, en collaboration avec les services de renseignement français. Les dissidents des FARC, issus de la faction qui n'a pas adhéré à l'accord de paix de 2016, sont régulièrement impliqués dans des enlèvements contre rançon ou à des fins de pression politique.
Le profil de la victime, un ressortissant colombien engagé dans la Légion étrangère française, avait par ailleurs complexifié la gestion diplomatique de l'affaire. Selon des sources proches du dossier, les ravisseurs n'avaient pas immédiatement pris conscience de l'appartenance du caporal à une unité d'élite française, ce qui aurait pu expliquer un délai dans l'établissement d'un contact avec les autorités. Les enquêteurs colombiens n'avaient, en effet, pas exclu une motivation purement crapuleuse, les groupes dissidents finançant une partie de leurs opérations par le biais de rançons.
## Des précédents dans une région sous tension
La région de Nariño, frontalière de l'Équateur et du Pacifique, demeure l'une des zones les plus instables de Colombie. Elle constitue un corridor stratégique pour le trafic de cocaïne, ce qui explique la présence de multiples groupes armés, dont des dissidents des FARC, l'ELN et des organisations narco-paramilitaires. Les enlèvements de militaires ou de personnalités locales y sont régulièrement signalés, bien que les autorités colombiennes aient annoncé une baisse globale de ce type de criminalité ces dernières années.
L'évasion de José Olger Melo Charry pourrait toutefois relancer le débat sur la sécurité des militaires en permission dans des zones à risque. Selon des informations rapportées par des médias locaux, le caporal aurait choisi de rendre visite à sa famille dans son département d'origine, sans bénéficier d'une protection particulière, conformément aux règles en vigueur pour les permissions. Cette affaire soulève également la question de l'information des légionnaires étrangers sur les risques sécuritaires dans leurs pays d'origine, alors que la Légion compte un nombre significatif de ressortissants latino-américains.
## Une enquête en cours pour identifier les ravisseurs
Les autorités colombiennes ont ouvert une enquête afin d'identifier les membres du groupe dissident responsable de l'enlèvement. Selon des sources gouvernementales citées par El Tiempo, les investigations se concentreraient sur le front communément appelé « Jaime Martínez », actif dans le département de Nariño. Aucune revendication officielle n'avait été émise par le groupe au moment de la rédaction de cet article, ce qui laisserait penser que l'opération visait un objectif financier plutôt que politique.
Le retour du caporal dans le giron des forces armées colombiennes, puis son transfert à Pasto, devraient permettre aux enquêteurs de recueillir son témoignage détaillé sur les conditions de sa détention et de son évasion. Il devra également être rapatrié vers la France ou son unité d'affectation, selon les procédures en vigueur au sein de la Légion étrangère. Cette issue heureuse contraste néanmoins avec d'autres cas d'enlèvements dans la région, qui se sont parfois soldés par des libérations après de longues négociations ou, plus rarement, par des issues tragiques.