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"Il nous faut au moins 2 milliards": pour la FNSEA, la Confédération paysanne et les autres syndicats agricoles, le plan d'aide de 1 milliard du gouvernement n'est "pas à la hauteur"

Economie · · Par Julie MOREAU

# Plan d'aide agricole : les syndicats jugent le milliard d'euros insuffisant et réclament le double Le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros annoncé ven

# Plan d'aide agricole : les syndicats jugent le milliard d'euros insuffisant et réclament le double Le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros annoncé vendredi par le gouvernement pour soutenir l'agriculture française, durement touchée par la sécheresse estivale, ne satisfait pas les principaux syndicats agricoles. FNSEA, Confédération paysanne et autres organisations professionnelles estiment unanimement que cette enveloppe est "pas à la hauteur" de la détresse du secteur et réclament au moins 2 milliards d'euros. Des mobilisations sont d'ores et déjà annoncées dans les prochains jours. ## Un plan gouvernemental jugé insuffisant face à des pertes estimées à 10 milliards Le dispositif gouvernemental présenté la semaine dernière comprend plusieurs volets : une enveloppe de plus d'un milliard d'euros destinée à compenser partiellement les pertes de récoltes, la prolongation d'aides pour les engrais et le gazole non routier, ainsi que la création d'un "fonds de réarmement agricole" visant à financer la relance des exploitations les plus sévèrement affectées. Le Premier ministre a toutefois prévenu que, compte tenu de la situation financière du pays, ce plan serait intégralement compensé par des économies réalisées ailleurs dans le budget de l'État. Cette annonce intervient après un été marqué par une sécheresse historique et des épisodes de canicule répétés qui ont considérablement affecté les rendements dans de nombreuses filières. Les pertes cumulées pour l'ensemble du secteur agricole sont estimées à environ 10 milliards d'euros, un chiffre qui donne la mesure de l'écart entre les besoins réels et l'aide publique proposée. ## "Il nous faut au moins 2 milliards" : la FNSEA monte au créneau Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, le premier syndicat agricole français, n'a pas mâché ses mots pour qualifier le plan gouvernemental : "Ce n'est pas à la hauteur de l'ambition", a-t-il déclaré, avant de préciser ses revendications chiffrées. "On a toujours dit que l'État n'était pas là pour compenser les 10 milliards d'euros de pertes, mais il nous faut au moins 2 milliards", a-t-il insisté. Le responsable syndical a établi une comparaison éclairante avec la crise viticole de 2021, lors de laquelle un milliard d'euros avait été débloqué après un épisode de gel dévastateur. Or, souligne-t-il, la situation actuelle touche un spectre bien plus large de productions agricoles : "Là, vous avez les arboriculteurs, les maraîchers, les grandes cultures, les éleveurs", énumère-t-il, soulignant l'ampleur inédite de la crise qui frappe simultanément l'ensemble des filières. ## Mobilisations annoncées et rendez-vous décisif du 8 septembre Face à ce qu'ils considèrent comme une réponse insuffisante de l'exécutif, les syndicats agricoles entendent durcir le ton. La FNSEA a d'ores et déjà annoncé qu'elle demanderait à ses adhérents "de monter au créneau pour qu'on aille chercher des enveloppes supplémentaires" auprès des préfets, laissant entendre que des actions syndicales pourraient être organisées dans les prochains jours. Un rendez-vous crucial est par ailleurs programmé : les représentants des syndicats agricoles doivent rencontrer le Premier ministre le 8 septembre prochain. "On va remonter au créneau pour qu'on reconsidère la perte", a prévenu Hervé Lapie, qui a également alerté sur l'urgence de la situation : "Il y a des gens qui ne vont pas passer l'année s'il n'y a pas de l'argent rapidement qui arrive dans les exploitations." Au-delà de la question de l'aide d'urgence, le responsable syndical appelle également à rouvrir les négociations avec la grande distribution sur les prix, un sujet récurrent de tension dans le secteur agricole. L'issue de ces discussions et la réponse du gouvernement aux revendications chiffrées des syndicats détermineront probablement l'ampleur du mouvement de contestation dans les semaines à venir, alors que le monde agricole traverse l'une des crises les plus sévères de ces dernières décennies.