Onyx Infos

"Il n'y aura pas demain de carburant russe dans les stations service françaises": Maud Bregeon assure que l'accord entre Trump et la Russie "ne remet pas en cause les sanctions décidées par l'UE"

Economie · · Par Julie MOREAU

## Une mise au point ferme sur le diesel russe Invitee du « Face à face » sur BFMTV-RMC lundi 12 octobre 2026, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a ten

## Une mise au point ferme sur le diesel russe Invitee du « Face à face » sur BFMTV-RMC lundi 12 octobre 2026, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a tenu à clarifier la position française après l'annonce fracassante de Donald Trump. Le président américain a affirmé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire certaines sanctions pesant sur Moscou. Une décision qui a provoqué la colère de Volodymyr Zelensky, lequel a dénoncé un choix « indigne ». ## « Pas de carburant russe demain dans les stations françaises » Face aux interrogations sur un possible contournement des sanctions européennes, la porte-parole du gouvernement s'est voulue catégorique. « Il n'y aura pas de carburant russe demain dans les pompes et les stations service françaises », a-t-elle assuré sur le plateau de BFMTV-RMC. Selon elle, l'accord conclu entre Washington et Moscou « ne remet nullement en cause les sanctions décidées à l'échelle de l'Union européenne ». Cette déclaration vise à rassurer les automobilistes français, alors que l'annonce américaine a fait naître des spéculations sur une possible réintroduction de produits pétroliers russes sur le marché européen par des voies détournées. ## La traçabilité comme garde-fou Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Energie, a détaillé les mécanismes de contrôle dont dispose la France et l'Union européenne pour faire respecter ces sanctions. « Que ce soit sur le produit brut ou le produit raffiné, que ce soit sur le produit qui viendrait directement de Russie ou qui transiterait par des pays tiers du fait du transport et des opérations de raffinage, nous avons les moyens de contrôler l'ensemble de la traçabilité », a-t-elle affirmé. Cette précision est importante : elle signifie que même un diesel russe raffiné dans un pays tiers, puis revendu en Europe, resterait sous surveillance. La question de la traçabilité des produits pétroliers est un enjeu technique complexe, car le raffinage et le mélange de bruts d'origines différentes rendent parfois difficile l'identification précise de la provenance finale. ## Prudence sur les effets sur les prix Interrogée sur les conséquences potentielles de ces livraisons russes sur les prix à la pompe, Maud Bregeon a appelé à la plus grande prudence. « Quant à l'effectivité réelle des baisses de prix, permettez-moi d'être très prudente car tant qu'on ne sait pas quand ça arrive et surtout avec quels volumes ça arrive, on ne peut pas préjuger de baisse de prix à l'avenir », a-t-elle déclaré. Cette réserve contraste avec l'optimisme affiché par certains acteurs du marché. En parallèle, le ministre de l'Industrie Roland Lescure a évoqué, selon BFMTV-RMC, un délai de « plusieurs semaines » avant l'arrivée des 10 millions de barils libérés, qui devraient faire chuter les prix à la pompe de 12 à 18 centimes. Deux discours qui traduisent la complexité de la situation : entre annonces politiques et réalités logistiques, le marché du carburant reste soumis à de fortes incertitudes. ## Un enjeu de souveraineté énergétique Au-delà de la question des prix, cette séquence met en lumière les tensions entre les stratégies énergétiques américaine et européenne. Si Washington choisit d'alléger unilatéralement ses sanctions pour faire baisser les prix à la pompe pour ses consommateurs, l'Union européenne maintient une ligne ferme vis-à-vis de Moscou. La position française, réaffirmée par Maud Bregeon, s'inscrit dans cette logique de sanctions maintenues. Reste à savoir si les contrôles de traçabilité seront suffisamment robustes pour empêcher toute entrée indirecte de diesel russe sur le marché européen, et si les promesses de baisse de prix se matérialiseront réellement pour les automobilistes français.