« Il faut être un professionnel pour les distinguer » : en Cisjordanie, quand colons et armée israélienne se confondent

À Qaryout, dans l'oliveraie qui s'étend derrière les maisons de la famille Mouammar, les impacts de balles témoignent encore de l'attaque du 2 mars. Ce jour-là,
À Qaryout, dans l'oliveraie qui s'étend derrière les maisons de la famille Mouammar, les impacts de balles témoignent encore de l'attaque du 2 mars. Ce jour-là, selon des informations rapportées par Le Figaro, plusieurs colons seraient arrivés avec un bulldozer pour ouvrir une piste à travers les terres du village palestinien, situé entre Shilo et Eli. Mohammed Mouammar aurait été tué d'une balle dans la tête, son frère Fahim aurait succombé peu après, et Jamil Mouammar aurait lui-même été blessé à la jambe.
## Une frontière de plus en plus floue entre Tsahal et les colons
Selon le témoignage recueilli par Le Figaro auprès de Jamil Mouammar, « deux d'entre eux avaient des M-16. On en voit de plus en plus ici : ces hommes servent aussi dans les unités chargées de protéger les colonies ». Cette déclaration, rapportée par le correspondant du quotidien à Jérusalem, Stanislas Poyet, illustre une confusion croissante entre les forces armées israéliennes et le mouvement des colons en Cisjordanie. D'après cette enquête publiée le 12 septembre 2026, la situation se serait dangereusement brouillée depuis les attaques du 7 octobre, notamment en raison du recrutement de réservistes issus des colonies.
## Des réservistes recrutés dans les colonies
Le Figaro rapporte que des réservistes seraient directement recrutés au sein des colonies, tandis que des soldats seraient accusés de laisser faire les assaillants lors de certaines violences. Par ailleurs, des unités territoriales seraient mêlées aux exactions commises contre les villages palestiniens. Cette porosité entre l'armée régulière et les groupes de colons soulèverait des questions sur la chaîne de commandement et sur la capacité des autorités israéliennes à distinguer clairement les responsabilités de chacun. Un responsable cité dans l'enquête résume cette difficulté en affirmant qu'« il faut être un professionnel pour les distinguer », soulignant ainsi l'ambiguïté des situations sur le terrain.
## Un contexte de violences accrues depuis le 7 octobre
Depuis les attaques du 7 octobre, la Cisjordanie connaîtrait une recrudescence des violences impliquant colons et militaires. À Qusra, toujours selon Le Figaro, colons et soldats israéliens auraient contribué ensemble au blocus de la maison d'un Palestino-Américain. Ces événements s'inscriraient dans un contexte plus large de tensions, où les villages palestiniens situés à proximité des colonies seraient particulièrement exposés. L'attaque du 2 mars à Qaryout, qui a coûté la vie à deux membres de la famille Mouammar, illustrerait cette dynamique. Selon Jamil Mouammar, l'armée ne serait arrivée qu'une heure et demie après les faits, un délai qui alimenterait les interrogations sur la réactivité et l'impartialité des forces de sécurité.
## Des implications potentiellement lourdes
Cette confusion entretenue entre colons et armée pourrait avoir des implications juridiques et diplomatiques importantes. D'après des sources citées par Le Figaro, la question de la responsabilité des réservistes issus des colonies, qui opéreraient à la fois comme soldats et comme acteurs des violences, resterait entière. Toutefois, aucune réaction officielle de Tsahal n'aurait été rapportée dans l'enquête à ce stade. Cette situation semblerait également compliquer le travail des organisations humanitaires et des observateurs internationaux, qui peinent à établir une distinction claire entre les différentes parties impliquées.
L'enquête du Figaro met en lumière une réalité complexe en Cisjordanie, où la distinction entre forces armées et colons deviendrait de plus en plus difficile à établir. Si les faits rapportés devaient être confirmés, ils pourraient nourrir les débats sur la responsabilité de l'État israélien dans les violences commises contre les populations palestiniennes. La question d'une éventuelle enquête indépendante reste, à ce stade, ouverte.