"Il ne faut pas deux années consécutives comme ça": certains producteurs bretons de fruits et légumes vont perdre la moitié voir la totalité de leur culture à cause de la sécheresse

# Sécheresse en Bretagne : des maraîchers face à des pertes pouvant atteindre 100% de leurs récoltes Les champs bretons, habituellement verdoyants, offrent cet
# Sécheresse en Bretagne : des maraîchers face à des pertes pouvant atteindre 100% de leurs récoltes
Les champs bretons, habituellement verdoyants, offrent cet été un visage asséché et craquelé. Entre sécheresse persistante et épisodes de canicule depuis début juin, les producteurs de fruits et légumes de la région affrontent une situation critique, avec des pertes estimées entre 50% et la totalité de certaines cultures. Un constat alarmant qui interroge l'avenir d'une filière essentielle à l'économie locale.
## Des cultures en souffrance dans une région pourtant réputée pour son climat océanique
La Bretagne, grande région productrice de fruits et légumes, subit de plein fouet les caprices d'un climat en mutation. Salades minuscules, ciboulette grillée, potirons replantés : les témoignages des maraîchers locaux dressent un tableau préoccupant. Guillaume Hery, agriculteur bio installé à Bruz (Ille-et-Vilaine), cultive six hectares de légumes destinés aux marchés et aux magasins spécialisés. Sur ses parcelles en plein champ, la terre est sèche, et la différence de taille entre les salades bénéficiant des arroseurs rotatifs et les autres est frappante. Seuls les pastèques et melons semblent tirer leur épingle du jeu, profitant de la chaleur pour se développer.
## Des nuits morcelées et des coûts d'arrosage prohibitifs
L'agriculteur dispose pourtant d'un forage et d'une cuve de récupération d'eau de pluie, un équipement qui lui permet d'atténuer partiellement les effets de la sécheresse. Mais comme il l'explique, "je ne peux pas arroser toutes les cultures", principalement pour des raisons financières. Dans sa serre équipée d'un système de goutte à goutte, la chaleur reste étouffante, bien que "l'avantage, c'est qu'on ne dépasse pas les 40°C". Les températures élevées ont certes favorisé la pousse des plants de tomates, mais ont également provoqué l'apparition d'un ravageur sur les concombres. Au-delà des végétaux, ce sont les hommes qui souffrent : avec un arrosage autorisé uniquement entre 20h et 8h, Guillaume Hery évoque "des nuits morcelées" et "du travail en plus" en pleine période de récolte et de semis.
## Des pertes conséquentes et des stratégies d'adaptation en réflexion
Les estimations de l'agriculteur font état d'environ 50% de pertes sur ses cultures de plein champ, qu'il espère compenser partiellement grâce à sa production sous serre. Face à cette situation, plusieurs pistes d'adaptation sont envisagées : l'équipement d'une partie des parcelles en arrosage goutte à goutte, plus économe en eau, mais aussi le recours à des variétés plus rustiques, l'enrichissement des sols en matière organique "pour retenir l'humidité" et la plantation de haies. Des solutions qui s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'agriculture de demain face au changement climatique.
## Un cri d'alarme pour l'avenir de la filière
"Il ne faut pas deux années consécutives comme ça", prévient le maraîcher, résumant l'inquiétude d'une profession qui se sent vulnérable face à des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes. Si la Bretagne a toujours connu des épisodes de sécheresse, leur intensité et leur précocité interrogent. Les producteurs locaux, qui participent à la souveraineté alimentaire de la région, appellent à une prise de conscience collective et à des solutions durables pour préserver une filière fragilisée. L'équation est simple, comme le rappelle l'adage des maraîchers : "Pas d'eau, pas de légumes".