Il faudra désormais obligatoirement passer un examen pour devenir chauffeur VTC: un décret supprime l'équivalence pour les professionnels du transport de personnes

Le gouvernement durcit les conditions d’accès à la profession de chauffeur VTC. Un décret publié mardi au Journal officiel supprime la voie d’équivalence qui pe
Le gouvernement durcit les conditions d’accès à la profession de chauffeur VTC. Un décret publié mardi au Journal officiel supprime la voie d’équivalence qui permettait aux conducteurs du transport routier de personnes d’obtenir leur carte professionnelle sans passer l’examen. Désormais, tous les candidats devront se soumettre à l’épreuve d’accès, une décision motivée par la volonté d’« harmoniser les niveaux de qualification » et de lutter contre les fraudes, selon le ministère des Transports.
### Une réforme qui unifie les parcours de qualification
Jusqu’à présent, deux voies coexistaient pour obtenir la carte de chauffeur VTC : la réussite à l’examen d’accès ou la validation d’une expérience professionnelle d’un an comme conducteur de transport de personnes, acquise au cours des dix dernières années. Ce second dispositif, dit « d’équivalence », a été abrogé le 5 août. Dans un communiqué, le ministère des Transports indique que cette mesure vise à « garantir un niveau homogène de qualification entre tous les conducteurs ». L’administration justifie ce choix par un constat chiffré : la voie par équivalence « est devenue, au fil des années, une voie d’accès en net recul par rapport à l’examen » et « ne répond plus à son objectif d’origine », qui était de permettre aux chauffeurs LOTI (transport collectif à la demande) de se reconvertir.
### Des dérives constatées : fraude et méconnaissance réglementaire
Les autorités ont également relevé des lacunes préoccupantes parmi les conducteurs ayant bénéficié de l’équivalence. Selon le gouvernement, ces chauffeurs présentent « une moins bonne connaissance de la réglementation spécifique encadrant l’activité » ainsi qu’« un nombre important de tentatives de fraude ces dernières années ». Ces éléments ont conduit à l’abrogation des articles autorisant cette procédure. Le ministère précise que cette évolution s’inscrit dans « l’effort de l’État en faveur d’une plus grande professionnalisation et d’un meilleur respect de la réglementation au sein du secteur des T3P », le transport public particulier de personnes.
### Les moto-taxis également concernés par la nouvelle réglementation
La réforme ne se limite pas aux seuls véhicules de tourisme avec chauffeur. Elle s’applique aussi aux VMDTR (véhicule motorisé à deux ou trois roues), c’est-à-dire les moto-taxis. Pour ces professionnels, la suppression de l’équivalence signifie qu’ils devront, eux aussi, passer par l’examen d’accès pour obtenir leur carte. Cette décision uniformise le processus de délivrance des cartes professionnelles sur l’ensemble du périmètre des transports de personnes, éliminant les disparités qui existaient entre les différentes catégories de conducteurs.
### Une professionnalisation accrue, des conséquences à anticiper
Cette mesure, bien que présentée comme un gage de sérieux et de sécurité, pourrait avoir des effets sur le vivier de candidats. En supprimant la reconnaissance d’expérience, le gouvernement réduit le nombre de voies d’accès au métier, ce qui pourrait ralentir les reconversions professionnelles dans un secteur déjà confronté à des tensions de recrutement. À l’inverse, les partisans de la réforme y voient une garantie de compétences homogènes, susceptible de renforcer la confiance des clients et l’image de la profession. Les candidats devront désormais se préparer à un examen unique, dont les modalités pratiques n’ont pas été modifiées par le décret.