Onyx Infos

Il était fermé depuis une semaine à cause d'une éruption de l'Etna: l'aéroport de Catane rouvre mais son avenir reste incertain

Economie · · Par Julie MOREAU

Il était fermé depuis une semaine à cause d'une éruption de l'Etna: l'aéroport de Catane rouvre mais son avenir reste incertain

L’aéroport de Catane, principal point d’entrée aérien de la Sicile, a rouvert ses portes ce samedi 15 août après une semaine complète de fermeture imposée par l

L’aéroport de Catane, principal point d’entrée aérien de la Sicile, a rouvert ses portes ce samedi 15 août après une semaine complète de fermeture imposée par l’éruption de l’Etna. Si les vols ont pu reprendre grâce à un abaissement du niveau d’alerte volcanique, cet épisode, loin d’être isolé, relance les interrogations sur la viabilité à long terme d’une infrastructure régulièrement paralysée par le géant de 3.300 mètres. ## Une réouverture conditionnée par la baisse de l’activité volcanique La décision de rouvrir le terminal sicilien a été officialisée ce samedi, après que l’aéroport a constaté "l'abaissement du niveau d'alerte lié à l'activité volcanique du rouge à l'orange", selon un communiqué publié sur son site internet. Cette évolution a permis aux équipes au sol de reprendre les opérations, sept jours après les premières suspensions de vols consécutives à une éruption de l’Etna, dont les cendres avaient envahi le ciel et réduit considérablement la visibilité des pilotes. Durant cette période, la priorité affichée par les gestionnaires de l’infrastructure a été la sécurité. Chaque jour, la fermeture a été prolongée, rendant impossible tout trafic dans un environnement jugé trop dangereux. L’activité du volcan, qui culmine à plus de 3.300 mètres et constitue le plus haut volcan actif d’Europe, reste d’ailleurs sous étroite surveillance. L’Institut national de géophysique et de volcanologie, qui filme et diffuse en direct les images du site, continue de suivre son évolution. ## Des perturbations récurrentes qui pèsent sur les voyageurs Cette fermeture d’une semaine a laissé des milliers de vacanciers dans une situation délicate, contraints de trouver des solutions de dernière minute pour rejoindre ou quitter l’île. Les annulations et reports de vols ont provoqué des files d’attente interminables et une course aux alternatives, entre ferries et aéroports secondaires de la région. Pour de nombreux passagers, l’expérience a été d’autant plus éprouvante que ce type de chamboulement n’a rien d’exceptionnel à Catane. L’aéroport, qui revendique le statut de cinquième plateforme du pays avec environ 12 millions de passagers annuels, est en effet régulièrement confronté aux réveils de l’Etna. Le volcan, actif depuis le 26 décembre 2025, "toussote" fréquemment, selon l’expression consacrée des volcanologues. Début juillet déjà, il avait émis quelques coulées de lave, rapidement maîtrisées par les services de secours locaux, rompus à ce type de phénomènes. Mais chaque épisode de cendres impose une suspension du trafic, un coût économique et organisationnel considérable pour la région. ## Un avenir incertain pour une infrastructure essentielle Au-delà de la gêne immédiate pour les voyageurs, ces fermetures à répétition posent une question de fond : quel avenir pour une infrastructure aussi exposée ? Les autorités locales et les compagnies aériennes doivent composer avec une réalité géologique immuable. Si les services de secours et les équipes de l’aéroport font preuve d’une réactivité remarquable, chaque éruption rappelle la fragilité d’un système économique régional fortement dépendant du tourisme et des liaisons aériennes. Les discussions sur d’éventuels investissements pour sécuriser davantage les opérations, ou sur la nécessité de développer des aéroports alternatifs en Sicile, pourraient bien s’intensifier dans les prochains mois. Pour l’heure, la réouverture de Catane offre un répit bienvenu, mais l’incertitude demeure. L’Etna, avec ses 500.000 ans d’histoire éruptive, n’a pas fini de dicter son rythme à l’aéroport qui vit à son pied.