Onyx Infos

Il envisage de livrer 28 Rafale en 2026 et il en a 208 sur son carnet de commandes: Dassault Aviation voit son chiffre d'affaires bondir de 46%

Economie · · Par Julie MOREAU

Il envisage de livrer 28 Rafale en 2026 et il en a 208 sur son carnet de commandes: Dassault Aviation voit son chiffre d'affaires bondir de 46%

Dassault Aviation affiche une santé financière insolente malgré un trou d'air conjoncturel sur les prises de commandes. Le constructeur aéronautique français a

Dassault Aviation affiche une santé financière insolente malgré un trou d'air conjoncturel sur les prises de commandes. Le constructeur aéronautique français a dévoilé, mercredi, des résultats semestriels en forte hausse, portés par l'accélération des cadences de production. Si le nombre de nouvelles commandes a mécaniquement reculé après le mégacontrat indien de 2025, le groupe confirme ses objectifs annuels et affiche un carnet de commandes qui garantit plusieurs années d'activité soutenue.

Un chiffre d'affaires dopé par l'effet volume

Le groupe dirigé par Éric Trappier a enregistré un chiffre d'affaires de 4,16 milliards d'euros sur le premier semestre de son exercice financier, soit une progression de 46 % par rapport aux 2,85 milliards d'euros réalisés sur la même période en 2025. Cette croissance exceptionnelle reflète l'augmentation des livraisons, tant pour l'aviation de combat que pour les jets d'affaires Falcon. Le résultat opérationnel ajusté a bondi de 83 %, à 330 millions d'euros, permettant au groupe d'afficher une marge ajustée de 7,9 %.

Ces performances s'expliquent par un plan de montée en cadence industrielle. Dassault Aviation anticipe désormais de livrer 28 Rafale en 2026, un objectif ambitieux qui nécessite une optimisation des chaînes d'assemblage sur le site de Mérignac. Parallèlement, le constructeur prévoit de livrer 40 Falcon sur la même période, confirmant le dynamisme du marché des jets d'affaires, malgré un contexte géopolitique tendu.

Un carnet de commandes à 45,4 milliards d'euros

Le carnet de commandes s'établit à 45,4 milliards d'euros au 30 juin, en légère baisse par rapport au record historique du premier semestre 2025. Ce stock représente 291 avions à livrer, dont 165 Rafale destinés à l'exportation, 43 Rafale pour l'armée de l'air et la marine française, ainsi que 83 jets d'affaires Falcon. Ce décompte exclut l'accord tripartite annoncé récemment, ce qui laisse entrevoir une possible révision à la hausse dans les prochains mois.

Le groupe a enregistré de nouvelles commandes d'une valeur de 2,88 milliards d'euros sur la période, contre 8,08 milliards un an plus tôt. Cette baisse de 64 % pourrait sembler préoccupante à première vue. Cependant, comme le soulignent les analystes d'eToro dans une note, "le premier semestre 2025 avait été marqué par la commande exceptionnelle de 26 Rafale Marine par l'Inde". Cette commande historique avait artificiellement gonflé la base de comparaison. En excluant cet effet, le niveau des prises de commandes reste solide, porté par des contrats de maintenance et des ventes de Falcon.

Des perspectives industrielles tendues mais maîtrisées

Le contexte géopolitique mondial, marqué par l'accélération des dépenses militaires, profite directement à Dassault Aviation. Le groupe doit néanmoins gérer une contrainte majeure : la réduction progressive de son carnet de commandes, qui a atteint des niveaux records en 2025. L'objectif est de livrer plus vite pour répondre à la demande pressante des clients, tout en maintenant la qualité et les délais.

Au total, 533 Rafale ont été commandés à ce jour, tous clients confondus. Ce chiffre inclut les commandes fermes de la France, de l'Inde, de l'Égypte, du Qatar et de la Grèce. La cadence de production, qui devrait atteindre 28 appareils par an en 2026, est un défi industriel majeur. Le groupe mise sur une meilleure intégration de sa chaîne d'approvisionnement et sur l'optimisation des processus de fabrication pour tenir ses objectifs.

Conclusion : un équilibre entre croissance et prudence

Dassault Aviation confirme sa trajectoire de croissance, soutenue par un carnet de commandes exceptionnel et une demande mondiale soutenue pour ses Rafale et Falcon. La baisse des prises de commandes au premier semestre n'est qu'un contrecoup statistique lié au contrat indien de 2025. Le groupe aborde la seconde partie de l'année avec confiance, tout en restant vigilant sur les tensions géopolitiques et les contraintes de production. L'enjeu est désormais de transformer cette dynamique commerciale en livraisons concrètes, afin de maintenir la confiance des investisseurs et des clients.