Il doit sortir de terre en 2036: à Mayotte, un projet d'aéroport attend toujours de décoller (et pourtant, il est soutenu par les écologistes)

Il doit sortir de terre en 2036 : à Mayotte, un projet d'aéroport attend toujours de décoller (et pourtant, il est soutenu par les écologistes) Le projet de nou
Il doit sortir de terre en 2036 : à Mayotte, un projet d'aéroport attend toujours de décoller (et pourtant, il est soutenu par les écologistes)
Le projet de nouvel aéroport à Mayotte, dont la mise en service est prévue pour 2036, continue de susciter à la fois espoirs et interrogations. Localisé à Bouyouni, au nord de Grande-Terre, ce futur aéroport a été désigné comme le site d'implantation par les ministères des Transports et des Outre-mer en décembre 2025. Ce choix a été motivé par une volonté de protéger l'infrastructure des risques naturels, tout en préservant les milieux sensibles du lagon, grâce à son éloignement du littoral.
L'officialisation du projet a été renforcée par un décret publié le 17 avril 2026, qui a classé ce nouvel aéroport parmi les infrastructures aéroportuaires majeures. Ce classement a permis de lancer la phase d'enquête publique, une étape cruciale avant la déclaration d’utilité publique que les autorités espèrent obtenir d’ici la fin du second semestre 2026. L'enveloppe budgétaire allouée à ce projet s'élève à 1,2 milliard d'euros, un investissement conséquent dans un contexte économique déjà complexe.
L'idée d'un nouvel aéroport à Mayotte n'est pas récente. Elle remonte à 2011, lorsque les élus de l'île ont commencé à revendiquer la construction d'une "piste longue" pour permettre aux gros-porteurs de décoller à pleine capacité. Actuellement, l'aéroport de Dzaoudzi, avec sa piste de 1.930 mètres, ne peut répondre à cette exigence, entraînant des escales techniques qui prolongent les temps de vol. Bien que l'option d'allonger la piste de Dzaoudzi ait été envisagée, cette solution a été abandonnée en avril 2025, Emmanuel Macron ayant préféré le site de Bouyouni, en raison des contraintes géologiques et urbaines de Dzaoudzi.
Cependant, ce projet n'est pas sans controverse. Des tensions sont apparues entre agriculteurs et écologistes. Les premiers redoutent que la construction de l'aéroport n'affecte leurs terres agricoles, tandis que les seconds s'inquiètent des impacts potentiels sur l'environnement local. Cette situation est aggravée par un manque de concertation entre les différentes parties concernées. Un représentant d'une ONG locale dédiée à la protection de la biodiversité a souligné l'importance de trouver un équilibre entre développement économique et préservation de l'environnement.
Le coût du projet, estimé à 1,2 milliard d'euros, soulève également des questions sur le financement. Comment Mayotte pourra-t-elle supporter une telle charge financière ? Cette interrogation est d'autant plus pertinente dans un contexte où l'île fait face à des défis économiques majeurs. Les élus locaux soutiennent que le nouvel aéroport pourrait dynamiser l'économie et améliorer l'accessibilité, mais les sceptiques craignent les risques de surendettement.
Pour l'instant, le projet progresse. Des études d'impact environnemental sont en cours, visant à apaiser les inquiétudes des opposants. Les résultats de ces études devraient jouer un rôle déterminant dans le débat public et orienter les décisions futures. La déclaration d'utilité publique, attendue d'ici la fin de l'année, constituera un moment clé pour l'avenir de ce projet ambitieux.
La publication du décret du 17 avril 2026 a marqué une étape importante dans la réalisation du nouvel aéroport. Les prochaines étapes, notamment l'enquête publique et l'examen des études d'impact, seront cruciales pour la concrétisation de cette infrastructure tant attendue.