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«Il doit démissionner» : après la mort de Lyhanna, Mathilde Panot reproche à Gérald Darmanin d’avoir enclenché une «clochardisation de la justice»

Une · · Par Claire BERNARD

«Il doit démissionner» : après la mort de Lyhanna, Mathilde Panot reproche à Gérald Darmanin d’avoir enclenché une «clochardisation de la justice»

«Il doit démissionner» : après la mort de Lyhanna, Mathilde Panot reproche à Gérald Darmanin d’avoir enclenché une «clochardisation de la justice» La mort tragi

«Il doit démissionner» : après la mort de Lyhanna, Mathilde Panot reproche à Gérald Darmanin d’avoir enclenché une «clochardisation de la justice»

La mort tragique de la collégienne Lyhanna, dont le corps a été retrouvé jeudi soir dans le Gers, continue de susciter une onde de choc politique et judiciaire. Dimanche 7 juin 2026, la cheffe de file des députés La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, a directement mis en cause le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, réclamant sa démission et dénonçant une « clochardisation de la justice » orchestrée selon elle par une réduction continue des moyens alloués à l'institution.

Un appel à la démission sur fond de drame judiciaire

Intervenant sur LCI, Mathilde Panot a estimé que la responsabilité politique du garde des Sceaux était engagée dans cette affaire. « Il doit démissionner », a-t-elle affirmé, reprochant à Gérald Darmanin d'avoir enclenché une « clochardisation de la justice » en réduisant ses moyens « année après année ». Selon elle, si le ministre quittait ses fonctions, « ça ne changerait pas la politique de fond », mais « ça enverrait un signal politique » fort, destiné à reconnaître l'ampleur des défaillances systémiques.

La sortie de Mathilde Panot intervient alors que Gérald Darmanin avait lui-même présenté ses excuses « au nom de la Justice » vendredi, déplorant que « l'institution judiciaire n'(ait) pas su protéger » Lyhanna. Le ministre a également évoqué de potentielles sanctions pouvant être prises si « des défaillances, des fautes professionnelles » étaient avérées. Une marche blanche devait se tenir dimanche à Fleurance, en hommage à la jeune fille.

Des accusations de « problème systémique » au sein de la justice

Les propos de Mathilde Panot s'inscrivent dans un contexte plus large de critiques récurrentes adressées à la politique pénale et budgétaire du gouvernement. Selon des informations rapportées par Le Figaro, la députée LFI a pointé un « problème systémique » qui dépasserait la simple gestion individuelle du ministre. Pour elle, la réduction des moyens alloués à la justice depuis plusieurs années aurait créé des conditions propices à des dysfonctionnements graves, dont la mort de Lyhanna serait une illustration tragique.

Cette analyse fait écho à des alertes régulières émanant de syndicats de magistrats et d'associations de défense des droits, qui dénoncent un sous-financement chronique de la justice française. Selon des données publiées par la Cour des comptes, les crédits alloués à la justice représentaient environ 2 % du budget de l'État en 2025, un ratio inférieur à la moyenne des pays européens comparables. Les effectifs des greffes et des tribunaux, notamment, seraient en tension dans plusieurs juridictions.

La réponse du ministre et les suites judiciaires possibles

Face à ces accusations, Gérald Darmanin a choisi de reconnaître les failles du système tout en se gardant de toute démission. Il a insisté sur la nécessité d'attendre les conclusions des enquêtes internes et judiciaires en cours avant d'établir des responsabilités individuelles. Le ministre a également rappelé les réformes engagées, notamment le plan de recrutement de 1 500 magistrats et 2 500 greffiers annoncé en 2024, dont la mise en œuvre complète est prévue pour 2027.

Cependant, pour Mathilde Panot et d'autres voix de l'opposition, ces mesures restent insuffisantes au regard de l'urgence. La mort de Lyhanna pourrait ainsi relancer le débat sur la réforme de la justice, déjà au cœur des discussions parlementaires. Les prochains jours devraient être marqués par des questionnements au gouvernement et, potentiellement, par une motion de censure si l'opposition parvenait à un consensus. La question de la responsabilité politique de Gérald Darmanin, au-delà de son maintien à son poste, semble désormais posée avec une acuité nouvelle.