Il devait voler en 2020: déjà très en retard, la certification du Boeing 777X désormais suspendue à un accord salarial

## Boeing 777X : une certification désormais suspendue à un vote salarial Le nouveau gros porteur de Boeing, le 777X, accumule les retards depuis son lancement.
## Boeing 777X : une certification désormais suspendue à un vote salarial
Le nouveau gros porteur de Boeing, le 777X, accumule les retards depuis son lancement. Alors que ses premières livraisons étaient initialement prévues pour 2020, le programme pourrait connaître un nouvel obstacle majeur : la certification de l'appareil dépend désormais directement de l'issue d'un vote salarial en cours chez l'avionneur américain, selon les informations rapportées par BFM Business.
## 17 000 ingénieurs appelés aux urnes
Depuis ce jeudi, 17 000 ingénieurs et techniciens spécialisés de Boeing sont invités à se prononcer sur un nouvel accord contractuel proposé par leur employeur. Ces personnels ne sont pas de simples salariés parmi d'autres : ils sont directement impliqués dans les travaux de certification menés conjointement avec la FAA, le régulateur américain de l'aviation civile. Sans leur participation active, l'agence fédérale ne peut tout simplement pas avancer sur le dossier du 777X.
En cas de rejet de l'accord, un mouvement de grève pourrait être déclenché dès l'expiration du contrat précédent, fixée au 6 octobre prochain. Les précédentes propositions contractuelles de Boeing ont d'ailleurs déjà été rejetées par les salariés concernés, ce qui avait contraint la direction à améliorer son offre, notamment avec une augmentation immédiate de 10 %. Cette fois, la direction se veut confiante : la proposition actuelle est recommandée par le principal syndicat des ingénieurs.
## Un calendrier déjà largement repoussé
Le 777X incarne à lui seul les difficultés industrielles de Boeing ces dernières années. Présenté comme le futur fleuron de la flotte long-courrier, l'appareil devait effectuer ses premiers vols commerciaux en 2020. Mais la pandémie de Covid-19, puis une série de problèmes internes liés à la qualité de production, ont repoussé à plusieurs reprises sa mise en service.
En septembre 2025, l'avionneur reconnaissait encore prendre du retard dans le processus de certification. La presse américaine évoquait alors des premières livraisons envisagées pour début 2027. Un horizon qui pourrait une nouvelle fois reculer si les ingénieurs venaient à cesser le travail.
## Un enjeu industriel et commercial considérable
L'importance du 777X pour Boeing n'est pas seulement symbolique. Selon la presse spécialisée, le carnet de commandes du modèle 777-9 totalise 560 commandes fermes. Chaque mois de retard supplémentaire représente donc un manque à gagner significatif pour l'avionneur, déjà fragilisé par les déboires du 737 MAX.
Le PDG de Boeing, Kelly Ortberg, a lui-même reconnu l'ampleur du risque : « Si une grève devait survenir, le programme de certification du 777 serait essentiellement interrompu jusqu'au retour des ingénieurs », a-t-il déclaré. Une manière d'admettre que le sort du programme dépend désormais moins des bureaux d'études que du résultat d'un scrutin social.
## Une équation sociale et stratégique
Ce dossier illustre la tension croissante entre les impératifs de production de Boeing et les attentes de ses salariés, dans un contexte où l'entreprise cherche à restaurer sa crédibilité auprès des compagnies aériennes et des régulateurs. La direction mise sur la validation de son ultime proposition, soutenue par le syndicat majoritaire, pour éviter une paralysie coûteuse.
Mais l'incertitude demeure entière jusqu'à la clôture du vote. Si les ingénieurs rejettent l'accord, le 777X pourrait entrer dans une nouvelle phase d'incertitude, repoussant encore un peu plus l'horizon d'une mise en service attendue depuis plus de cinq ans. Pour Boeing, l'enjeu dépasse la simple question salariale : c'est la capacité de l'entreprise à tenir ses engagements industriels qui se joue.