Il a déjà prévenu les complémentaires: le gouvernement veut moins bien rembourser les consultations médicales par la Sécu (ce même projet avait fait tomber le gouvernement Barnier)

# Le gouvernement envisage un transfert massif des remboursements santé vers les complémentaires Le gouvernement prépare une réforme qui pourrait alourdir signi
# Le gouvernement envisage un transfert massif des remboursements santé vers les complémentaires
Le gouvernement prépare une réforme qui pourrait alourdir significativement la facture des Français en matière de santé. Selon des informations révélées par BFM Business, l'exécutif entend abaisser le taux de prise en charge par l'Assurance maladie des actes médicaux, transférant ainsi une part croissante des remboursements vers les organismes complémentaires. Cette mesure, qui avait déjà été envisagée par l'ancien Premier ministre Michel Barnier avant de provoquer la chute de son gouvernement, refait surface dans un contexte budgétaire particulièrement tendu.
## Un signal d'alarme pour les complémentaires santé
Lors d'une réunion au ministère de la Santé le jeudi 18 juin, les fédérations des organismes complémentaires d'assurance maladie ont été informées des intentions gouvernementales. La Fédération des institutions paritaires de protection sociale (Fips), qui représente les complémentaires paritaires gérées par le patronat et les syndicats, a publié un communiqué ce vendredi pour alerter sur le projet. "Le gouvernement vient de prévenir séparément les fédérations de complémentaires santé de son projet de relever fortement les tickets modérateurs sur les actes médicaux, par voie réglementaire à l'été", indique la Fips.
Le ticket modérateur correspond à la part des soins et actes médicaux non prise en charge par l'Assurance maladie obligatoire (AMO), restant à la charge des patients. Dans le cadre du contrat responsable, qui représente 98% des offres souscrites sur le marché, cette somme est en principe couverte par les complémentaires santé. Un transfert massif de charges entre la Sécurité sociale et les régimes complémentaires est donc en préparation.
## Les consultations médicales directement concernées
La baisse envisagée concernerait les actes médicaux comme les consultations chez un médecin généraliste ou spécialiste. Concrètement, l'Assurance maladie rembourserait une part moins importante de ces consultations, laissant un reste à charge plus élevé pour les patients. Ce surcoût serait ensuite répercuté sur les mutuelles et assurances santé, qui devraient augmenter leurs cotisations pour maintenir le niveau de couverture actuel.
La Fips a également prévenu que "ce transfert massif de charges entre la Sécurité sociale et les régimes complémentaires pourrait être complété par d'autres mesures à l'étude, notamment de taxation, dans le cadre du prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale". Les complémentaires santé redoutent donc une double peine : une hausse des remboursements à assurer et potentiellement de nouvelles taxes.
## Un précédent qui avait fait tomber le gouvernement Barnier
Cette idée n'est pas nouvelle. En 2024, l'ancien et éphémère Premier ministre Michel Barnier avait tenté, en vain, d'abaisser le taux de remboursement des consultations médicales. Cette mesure, jugée impopulaire, avait contribué aux tensions politiques qui avaient conduit à la chute de son gouvernement. Le sujet reste donc extrêmement sensible sur le plan politique.
Les fédérations de complémentaires santé, qui avaient déjà vivement réagi à l'époque, dénoncent aujourd'hui un "transfert massif de charges" qui pourrait avoir des conséquences directes sur le pouvoir d'achat des ménages. Les cotisations des mutuelles et assurances santé, déjà en hausse ces dernières années, pourraient connaître une nouvelle augmentation significative si le projet se concrétise.
## Des débats budgétaires sous haute tension
Alors que les débats budgétaires doivent s'ouvrir dans quelques mois, ce dossier s'annonce comme l'un des plus explosifs de la rentrée. Le gouvernement devra trouver un équilibre entre la nécessité de maîtriser les dépenses de la Sécurité sociale, qui pèsent lourdement sur les finances publiques, et la préservation du pouvoir d'achat des Français en matière de santé.
Les organismes complémentaires, qui représentent un secteur économique important, entendent peser de tout leur poids dans les négociations à venir. La Fips a d'ores et déjà annoncé qu'elle suivrait de près l'évolution du dossier et qu'elle n'hésiterait pas à mobiliser ses troupes si nécessaire. Le précédent Barnier, qui avait vu cette mesure contribuer à la chute d'un gouvernement, constitue un avertissement que l'exécutif actuel ne peut ignorer.