Il avait été licencié après avoir dénoncé des propos racistes et va percevoir plus de 300.000 euros: un salarié obtient en appel plus de 7 ans de salaire et sa réintégration dans l'entreprise

# Licencié après avoir dénoncé des propos racistes : un salarié obtient plus de 300.000 euros et sa réintégration en appel Un chef d'équipe d'une entreprise lea
# Licencié après avoir dénoncé des propos racistes : un salarié obtient plus de 300.000 euros et sa réintégration en appel
Un chef d'équipe d'une entreprise leader en ingénierie et aéronautique, licencié après avoir dénoncé des comportements racistes récurrents au sein de son service, vient d'obtenir gain de cause devant la cour d'appel. Le 16 juin dernier, les juges ont condamné son ancien employeur à lui verser l'équivalent de sept ans et demi de salaire, soit 304.000 euros, auxquels s'ajoutent 10.000 euros de dommages et intérêts, ainsi que sa réintégration immédiate dans l'entreprise.
## Un signalement répété de dérives racistes resté sans effet
Selon les éléments rapportés par BFM Business, le salarié occupait des fonctions de chef d'équipe peintre dans les ateliers de production de la société. Il s'était régulièrement plaint auprès de sa hiérarchie de comportements hostiles et de dérives à connotation raciste, tant à son encontre qu'à l'égard de plusieurs collègues. Comme le précise Olivier Bongrand, son avocat, le travailleur avait notamment dénoncé par écrit des agissements et des termes stigmatisants visant plusieurs collaborateurs en raison de leurs origines.
Le climat délétère était marqué, selon les signalements, par l'usage régulier d'expressions telles que "gang des îles", "gang antillais" ou encore "clan des îles" pour désigner certains employés. Le chef d'équipe avait également été témoin de l'utilisation du "symbole White Power des suprémacistes blancs" réalisé avec les doigts par certains collègues.
## Des propos discriminatoires également dirigés contre le salarié
Les attestations produites par d'autres salariés ont révélé que le chef d'équipe était lui-même la cible de propos racistes en raison de son appartenance à la communauté portugaise. Des collègues auraient notamment tenu des propos tels que : "Ils ont des poils dans les mains les portugais, ils ne sont bons qu'à être maçons et non des peintres". Face à ces signalements répétés de harcèlement moral et de discrimination, la direction n'aurait pas pris les mesures nécessaires pour protéger le salarié, qui avait finalement été licencié.
## Une décision lourde de conséquences pour l'employeur
La cour d'appel a non seulement ordonné la réintégration immédiate du salarié, mais également condamné l'entreprise à lui verser 304.000 euros correspondant à sept ans et demi de salaire impayés. À cette somme s'ajoutent 10.000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi. L'entreprise devra également verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme), qui était intervenue dans la procédure en tant que partie civile.
Cette affaire illustre les risques juridiques et financiers considérables auxquels s'exposent les entreprises qui ne traitent pas sérieusement les signalements de discriminations. Fermer les yeux sur des comportements racistes peut coûter très cher, comme le démontre cette condamnation qui dépasse les 300.000 euros, sans compter l'obligation de réintégrer un salarié que l'on avait pourtant licencié.