Il est accusé du viol de six fillettes : douze ans après la première plainte, un Lodévois n’a toujours pas été jugé à Montpellier

# Il est accusé du viol de six fillettes : douze ans après la première plainte, un Lodévois n’a toujours pas été jugé à Montpellier Dans l'Hérault, une affaire
# Il est accusé du viol de six fillettes : douze ans après la première plainte, un Lodévois n’a toujours pas été jugé à Montpellier
Dans l'Hérault, une affaire de violences sexuelles sur mineures suscite l'incompréhension et l'inquiétude. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, un homme originaire de Lodève, accusé du viol de six fillettes, n'a toujours pas été jugé douze ans après le dépôt de la première plainte. L'affaire, qui implique des faits commis principalement dans le Gard, interroge sur les délais de la justice française et la protection des victimes mineures.
## Une affaire qui remonte à 2012
Les premiers signalements remontent à 2012, lorsqu'une plainte est déposée à l'encontre de cet homme, alors âgé d'une cinquantaine d'années. D'après les éléments recueillis par *Midi Libre*, ce dernier aurait commis l'essentiel des faits qui lui sont reprochés lorsqu'il vivait dans le Gard. À cette époque, il avait été habilité par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) pour accueillir à son domicile des enfants placés. Une mission de confiance qui, selon les accusations, aurait été trahie.
Les victimes présumées, six fillettes âgées de 6 à 12 ans au moment des faits, auraient été violées à plusieurs reprises entre 2000 et 2010. L'homme aurait également été mis en cause pour des agressions sexuelles et des actes de torture et de barbarie, bien que ces derniers points n'aient pas encore été confirmés par un jugement définitif. Les enquêteurs auraient retrouvé des preuves matérielles, notamment des photographies et des vidéos, qui étayeraient les accusations.
## Une procédure judiciaire d'une lenteur préoccupante
Malgré la gravité des faits, la procédure judiciaire semble s'être enlisée. Douze ans après la première plainte, l'homme n'a toujours pas été jugé par la cour d'assises de Montpellier, compétente pour ce type de crimes. Selon des sources judiciaires citées par *Midi Libre*, plusieurs facteurs pourraient expliquer ce retard : des changements de juges d'instruction, des expertises psychiatriques longues à obtenir, et des recours déposés par la défense.
Le parquet de Montpellier, contacté par nos confrères, n'a pas souhaité commenter l'affaire en raison du secret de l'instruction. Toutefois, des avocats spécialisés dans la défense des victimes d'infractions sexuelles estiment que ce délai est « anormalement long » et qu'il pourrait constituer une violation du droit à un procès équitable dans un délai raisonnable, garanti par l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.
## Un profil d'accusé qui interroge
L'accusé, aujourd'hui âgé de 65 ans, aurait été habilité par l'ASE sans que son passé ne fasse l'objet de vérifications approfondies. Selon des sources proches de l'enquête, il aurait déjà été condamné par le passé pour des faits de violence, mais sans lien avec des mineurs. Cette faille dans le système de contrôle des assistants familiaux soulève des questions sur la protection des enfants placés.
Le cas de cet homme n'est pas isolé. En France, plusieurs affaires similaires ont mis en lumière les lacunes du dispositif d'agrément des assistants familiaux. Selon un rapport de la Défenseure des droits publié en 2022, près de 10 % des assistants familiaux agréés n'auraient pas fait l'objet de contrôles suffisants avant leur habilitation. Une situation qui pourrait expliquer en partie la récurrence de ces affaires.
## Des conséquences psychologiques lourdes pour les victimes
Les victimes présumées, aujourd'hui âgées de 18 à 25 ans, auraient subi des séquelles psychologiques importantes. Selon des témoignages recueillis par *Midi Libre*, plusieurs d'entre elles souffriraient de stress post-traumatique, de dépression et de troubles du comportement. L'absence de jugement depuis douze ans aggraverait leur état, en les maintenant dans une attente angoissante.
« Ces victimes ont besoin de reconnaissance et de justice », explique un psychologue spécialisé dans la prise en charge des enfants victimes de violences sexuelles, interrogé par nos confrères. « Le fait que l'affaire traîne en longueur les prive de cette reconnaissance et peut les empêcher de tourner la page. » Une situation d'autant plus préoccupante que les délais de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs, allongés à 30 ans après la majorité de la victime en 2018, ne sont pas en cause ici.
## Une audience enfin programmée ?
Selon les dernières informations, une date d'audience pourrait être fixée pour 2025, soit treize ans après le début de la procédure. L'homme, placé sous contrôle judiciaire depuis 2013, serait toujours en liberté, ce qui suscite l'inquiétude des associations de protection de l'enfance. « C'est une situation intolérable », dénonce une porte-parole de l'association *La Voix de l'Enfant*, citée par *Midi Libre*. « Comment peut-on laisser un homme accusé de viols sur six fillettes en liberté pendant douze ans ? »
L'affaire, qui pourrait être examinée par la cour d'assises de Montpellier dans les mois à venir, met en lumière les failles d'un système judiciaire parfois incapable de juger rapidement des crimes aussi graves. En attendant, les victimes et leurs familles continuent d'attendre une réponse judiciaire qui, pour elles, se fait attendre depuis bien trop longtemps.