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IA/Métiers : des changements plus rapides – 23/06

Economie · · Par Julie MOREAU

IA/Métiers : des changements plus rapides – 23/06

# IA et métiers : Workday investit 200 millions d’euros pour accélérer la transformation des compétences en France L’intelligence artificielle redessine le pays

# IA et métiers : Workday investit 200 millions d’euros pour accélérer la transformation des compétences en France L’intelligence artificielle redessine le paysage professionnel à un rythme inédit, et les entreprises doivent s’adapter sous peine d’être dépassées. Ce constat a été au cœur des échanges du mardi 23 juin sur BFM Business, dans l’émission *Tech&Co Business* présentée par Frédéric Simottel, où Hervé Uzan, président Europe du Sud de Workday, a détaillé un investissement majeur de 200 millions d’euros en France. Ce montant, alloué par l’éditeur de logiciels de gestion des ressources humaines et financières, vise à accompagner la mutation des compétences grâce à l’IA au sein de l’environnement de travail. ## Un investissement stratégique pour anticiper les mutations du marché L’annonce de Workday s’inscrit dans un contexte où l’IA générative et les outils d’automatisation transforment les processus métiers plus rapidement que prévu. Selon Hervé Uzan, cet investissement de 200 millions d’euros devrait permettre de développer des solutions capables d’identifier les écarts de compétences au sein des organisations et de proposer des parcours de formation personnalisés. L’objectif est clair : aider les entreprises françaises à anticiper les besoins futurs plutôt que de subir les disruptions technologiques. Workday, qui emploie plusieurs milliers de personnes dans l’Hexagone, mise sur une approche prédictive où l’IA analyse en temps réel les données de performance et de mobilité interne pour recommander des évolutions de carrière. Cette stratégie, si elle se concrétise, pourrait redéfinir la manière dont les ressources humaines gèrent les talents, en passant d’une logique réactive à une logique proactive. ## L’IA comme catalyseur de la prospection B2B et de l’innovation Le même jour, Ludovic Granger, cofondateur et CEO de LEADBAY, a exploré la capacité de l’IA à identifier les clients de demain dans le domaine de la prospection B2B. Selon lui, les algorithmes permettent désormais de croiser des milliers de signaux – comportements d’achat, interactions sur les réseaux professionnels, données sectorielles – pour générer des leads qualifiés avec une précision inédite. Cette approche, qui repose sur l’apprentissage automatique, pourrait réduire considérablement le temps consacré à la recherche de prospects tout en augmentant les taux de conversion. Par ailleurs, Jamal Atif, vice-président recherche et innovation de l’Institut Polytechnique de Paris, a souligné que la France est engagée dans une véritable bataille de l’innovation. Il a insisté sur la nécessité de former massivement aux nouvelles technologies pour ne pas perdre pied face à des concurrents internationaux, notamment américains et asiatiques. Ces interventions, diffusées dans le cadre de *Tech&Co Business*, dressent un tableau d’un marché du travail en pleine recomposition, où l’IA n’est plus une option mais un levier stratégique. ## Des enjeux de formation et de compétitivité pour l’économie française Au-delà des annonces ponctuelles, l’émission du 23 juin a mis en lumière un défi systémique : celui de l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises. Les 200 millions d’euros de Workday, s’ils sont bien déployés, pourraient servir de modèle pour d’autres acteurs technologiques. Cependant, comme l’a rappelé Jamal Atif, la recherche et l’innovation doivent être soutenues par des politiques publiques ambitieuses. L’Institut Polytechnique de Paris, par exemple, travaille à des programmes de formation continue intégrant l’IA dès le plus jeune âge universitaire. Parallèlement, des entreprises comme Alan, dont le cofondateur Charles Gorintin était intervenu le 16 juin, expérimentent déjà un usage intensif de l’IA pour transformer leurs services, notamment dans le domaine de la santé. La question qui demeure est celle du rythme : les changements annoncés sont-ils trop rapides pour être absorbés par les structures traditionnelles ? Les prochains mois devraient apporter des éléments de réponse, alors que la compétition technologique s’intensifie sur le sol français.